Les agriculteurs normands utilisent le triticale et les prairies fauchées pour lutter contre le ray-grass résistant, réduisant ainsi l'usage d'herbicides et améliorant les rendements.
Les agriculteurs combattent le ray-grass résistant avec de nouvelles méthodes
Dans le Bocage nantais et le Bessin, en Normandie, des agriculteurs recourent à de nouvelles techniques agricoles pour lutter contre le ray-grass résistant, une adventice qui nuit aux cultures céréalières. Ils modifient leurs travaux du sol et introduisent du triticale ou des prairies fauchées pour réduire l'impact de cette mauvaise herbe. Le triticale, un hybride de blé et de seigle, s'est révélé plus compétitif que le blé face au ray-grass.Les avantages du triticale par rapport au blé
Le triticale pousse plus haut et possède une capacité de tallage plus importante, ce qui lui permet de mieux concurrencer le ray-grass. Lors d'essais, le triticale a produit 4,5 talles par pied de ray-grass, contre 12 pour le blé, selon Clément Chevalier, ingénieur réseau chez Dephy. Bien que le triticale se vende moins cher que le blé, ses atouts comprennent une moindre utilisation d'azote minéral et de fongicides, et il peut offrir des rendements en grain équivalents ou supérieurs ainsi qu'une plus grande production de paille.La gestion des prairies perturbe le cycle du ray-grass
Installer une prairie pendant trois ans permet de rompre le cycle du ray-grass résistant. Les agriculteurs sont invités à choisir des espèces végétales complémentaires afin de prolonger la période de concurrence. Un semis tardif, entre la fin septembre et le début octobre, a montré qu'il limitait le développement du ray-grass avant l'hiver. Une fauche régulière, toutes les cinq semaines avant l'épiaison, aide à empêcher la production de graines.Stratégies de labour et de semis
Le labour destiné à détruire la prairie est recommandé pour enfouir en surface les graines de ray-grass. Lors d'essais, aucun ray-grass n'a été observé 20 jours après le semis de blé effectué après une période de prairie. La proportion de ray-grass résistant dans le couvert prairial est passée de 35 % la première année à 0 % la dernière année. Ces méthodes permettent également de produire un fourrage équilibré pour les vaches.Réduire le labour limite la croissance du ray-grass
Réduire le labour permet de maintenir les graines de ray-grass en profondeur dans le sol, où elles perdent entre 90 et 98 % de leur viabilité au bout de trois ans. Ne labourer que tous les trois ans peut suffire à enfouir les dernières graines viables. Les agriculteurs peuvent également recourir au maïs sans labour avec désherbage mécanique, en veillant à une bonne structure du sol grâce à un ameublissement si nécessaire.Résultats du maïs sans labour et du désherbage mécanique
Lors d'un essai Dephy, du maïs sans labour associé à un désherbage mécanique a été conduit pendant deux années consécutives. Le blé a été semé après un labour. Après le désherbage, un seul pied de ray-grass a été trouvé pour 3 à 4 mètres carrés, contre 14 dans une bande témoin. Cette méthode reposait sur une bonne préparation du sol, un semis profond et un désherbage mécanique qui a détruit la majeure partie du ray-grass.Couverts végétaux et pratiques de fauche
Un couvert végétal peut être implanté entre deux cultures de maïs sans labour afin de maintenir la production de fourrage pour les vaches. La fauche doit être réalisée avant que le ray-grass résistant ne monte à graines. Un couvert fourrager à ray-grass d'Italie avant le maïs n'est pas recommandé, car il peut entraîner des repousses et réduire l'efficacité du désherbage mécanique.