L'Europe accélère la fusion de ses satellites pour réduire sa dépendance à SpaceX et Starlink ; la nouvelle entité Bromo vise à rivaliser avec la domination américaine dans le spatial.
Restrictions sur Starlink en Ukraine
Le service d'internet par satellite Starlink a fait l'objet de restrictions en Ukraine, ce qui a poussé les pays européens à intensifier leurs efforts pour développer leurs propres capacités satellitaires.L'Europe veut son indépendance satellitaire
Face aux limitations imposées à Starlink, l'Europe accélère la création de son propre réseau satellitaire grâce à la fusion d'Airbus, de Thales et de Leonardo. Ce projet, baptisé Bromo, vise à réduire la dépendance aux systèmes satellitaires américains, comme ceux exploités par SpaceX.Les objectifs et le soutien de Bromo
Tirant son nom d'un volcan indonésien, le projet Bromo est perçu comme une réponse directe à la domination de SpaceX dans le secteur des satellites. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a exprimé sa confiance dans le potentiel du projet à atteindre le niveau des meilleures technologies mondiales.Les prochaines étapes réglementaires
L'entité issue de la fusion, qui n'a pas encore déposé de demande d'autorisation réglementaire, devrait soumettre sa demande prochainement. Des discussions sont en cours pour répondre aux problèmes potentiels liés à la fusion et au monopole éventuel qu'elle pourrait créer. La commissaire à la Concurrence, Teresa Ribera, a déclaré que le projet ne bénéficierait d'aucun traitement de faveur lors de l'examen réglementaire.Objectifs financiers et stratégiques
Le projet Bromo vise à générer des synergies entre les trois entreprises, qui ont chacune connu des difficultés à cause de leurs pertes. L'objectif est de redevenir rentable dans un délai de cinq ans en combinant leurs compétences dans les satellites de télécommunications, l'observation de la Terre et les systèmes spatiaux.Les défis de la fabrication de satellites
La nouvelle entité devra produire des satellites en série, plus rapidement et à moindre coût, alors que le marché se tourne vers de vastes constellations de vaisseaux spatiaux en orbite basse. Les préparatifs de la nouvelle société sont bien avancés, sa création étant prévue au premier semestre 2027, sous réserve des autorisations réglementaires.Le développement des premiers satellites a commencé
En septembre, Airbus et Thales Alenia Space ont entamé la réalisation d'un premier lot d'au moins 66 satellites en orbite basse, avec une livraison prévue pour 2029. Airbus fabriquera les plateformes et assemblera les satellites à Toulouse, tandis que Thales Alenia Space fournira les charges utiles.La dépendance européenne à Starlink
Actuellement, plus de la moitié des satellites opérationnels en orbite appartiennent à SpaceX et à Starlink, ce qui suscite des inquiétudes quant à l'indépendance européenne dans ce domaine. Cette dépendance s'est concrétisée en Ukraine, où les restrictions imposées à l'utilisation de Starlink pour certaines opérations militaires ont ravivé les craintes liées à la dépendance envers une entreprise privée américaine.Réactions des investisseurs et capacités existantes
Eutelsat, un opérateur satellitaire français, a vu son cours grimper fortement avant de perdre de la valeur, les investisseurs misant sur un recours accru aux solutions satellitaires européennes. Contrairement à Bromo, Eutelsat exploite déjà sa propre constellation en orbite basse, OneWeb, qui compte plus de 600 satellites.Les ambitions plus larges de l'Europe
L'Europe souhaite bâtir une industrie capable de réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis, même si elle devra consentir des investissements massifs pour rivaliser avec SpaceX. Les syndicats et les fournisseurs restent opposés au projet, craignant des suppressions d'emplois et une baisse des commandes en raison de pratiques potentiellement monopolistiques.