La guerre en Ukraine a mis en lumière l’importance pour l’Europe de se doter de son propre réseau de satellites de télécommunications, afin de réduire sa dépendance aux services américains comme Starlink, exploité par Elon Musk. Avant le lancement du programme européen Iris², dont la pleine opérationnalité est prévue pour 2030, plusieurs initiatives sont actuellement en développement. Le 1er octobre, Nokia a annoncé un partenariat avec Iceye, une entreprise finlandaise spécialisée dans le renseignement spatial, pour créer des systèmes de communication par satellite en orbite terrestre basse (LEO). Ce projet vise à offrir une connectivité sécurisée, souveraine et résiliente aux gouvernements, avec le lancement des premiers satellites de communication prévu pour 2028. Cinq jours plus tard, Open Cosmos, un fabricant britannique de satellites, a révélé ses plans pour déployer une constellation de 192 satellites interconnectés en orbite basse. Cette initiative a pour objectif de proposer un réseau de communication sécurisé et souverain, indépendant des stations terrestres ou des câbles sous-marins. L’objectif est de placer plus de 96 satellites en orbite d’ici la fin 2028 et d’atteindre une couverture mondiale complète d’ici 2030. Mi-septembre, SES, un opérateur de satellites basé au Luxembourg, a annoncé des plans pour construire des satellites en orbite basse dédiés à la téléphonie mobile par satellite « direct-to-device » (D2D). Pour ce faire, SES s’est associé à Elveo, une entreprise née de la fusion de Lynk Global et Omnispace, qui détient des fréquences radio stratégiques. Ce projet vise à garantir une connectivité sécurisée et fiable pour les gouvernements et institutions européennes, y compris l’OTAN, avant de s’étendre aux consommateurs et aux utilisateurs commerciaux européens. Le futur service utilisera une approche multi-orbites, combinant des satellites en orbite basse, moyenne et haute pour une résilience accrue. Orange, un géant français des télécommunications, s’est associé à Telesat, un opérateur canadien de satellites, pour déployer la première passerelle européenne du réseau Lightspeed de Telesat. Située en région Aube, cette passerelle assurera une disponibilité élevée et une faible latence pour des applications critiques. Orange a également collaboré avec Skylo pour lancer « Message Satellite », un service permettant l’envoi de SMS dans les zones sans couverture réseau mobile. Par ailleurs, Orange a signé un accord avec AST SpaceMobile et Satellite Connect Europe pour réaliser des tests de connectivité en Roumanie, axés sur la voix, les SMS et l’échange de données. Les start-up françaises jouent également un rôle clé dans le développement de nouvelles technologies spatiales. Univity, une jeune pousse toulousaine, propose des solutions de connectivité spatiale pour compléter la couverture 4G/5G des opérateurs télécoms. Kinéis, une autre entreprise basée à Toulouse, déploie une constellation de nanosatellites dédiés à l’Internet des objets, avec un accent sur la connectivité spatiale à faible débit pour le transfert de données depuis des capteurs connectés dans l’agriculture de précision, le suivi logistique et la prévention des risques naturels.