La transformation de la mer d'Aral en désert de sel

Entre le Kazakhstan et l'Ouzbékistan, là où pêcheurs et cargos naviguaient autrefois sur la mer d'Aral, s'étend aujourd'hui une steppe blanche et stérile connue sous le nom d'Aralkum. Cette zone, qui couvre environ 27 000 km², soit à peu près la superficie de la Bretagne, était autrefois le fond marin de la quatrième plus grande étendue d'eau intérieure de la Terre.

Les causes historiques du déclin de la mer d'Aral

Le processus a commencé en 1960, lorsque l'Union soviétique a détourné les fleuves Amou-Daria et Syr-Daria pour irriguer les champs de coton. Ces fleuves alimentaient auparavant la mer d'Aral, mais leur détournement a provoqué un rétrécissement spectaculaire de la mer au fil des décennies.

L'ampleur de la réduction de la mer d'Aral

Selon le CNES, la mer d'Aral couvrait 66 460 km² en 1960, soit le double de la superficie de la Belgique. Aujourd'hui, il ne reste que 7 300 km², ce qui représente une réduction de 90 % de sa surface en soixante ans. Ce déclin est attribué à une utilisation de l'eau non durable, notamment pour l'agriculture.

La composition de l'Aralkum et son impact environnemental

Le sol de l'Aralkum n'est pas du sable ordinaire. Sous une croûte crayeuse se sont accumulés des sels marins concentrés et des résidus de pesticides provenant des champs de coton situés en amont. Ces conditions rendent la zone hostile à la plupart des formes de vie, seuls les saxaouls, arbustes résistants, parvenant à survivre.

Les émissions de poussières salines et leur portée

Le fond marin asséché est devenu une source importante d'émissions de poussières salines. Les estimations varient de 43 millions à 150 millions de tonnes par an, et ces tempêtes de poussière touchent des régions situées à des milliers de kilomètres, notamment l'Himalaya, la Scandinavie et l'Arctique.

Les parties restantes de la mer d'Aral

Dans le centre-sud du Kazakhstan, la petite mer d'Aral subsiste en tant que système résiduel de l'ancienne mer. Elle comprend trois annexes en cours d'individualisation, dont Boutakov et Chevtchenko, selon le CNES. Un barrage, le barrage de Kok-Aral, construit en 2005, a permis une renaissance partielle de la zone, la pêche ayant repris dès 2006.

Les conséquences environnementales et écologiques

Le CNES indique que 28 espèces endémiques ont disparu de la mer d'Aral. Si certains projets d'infrastructures locales visent à ralentir la désertification, aucune remise en cause structurelle majeure de la gestion de l'eau dans la région n'a vu le jour, malgré des efforts largement médiatisés.