El Niño est revenu avec une intensité inhabituelle, incitant les chercheurs à explorer la géo-ingénierie solaire, comme le blanchiment des nuages, pour atténuer son impact sur la météo mondiale.
El Niño revient avec une vigueur inhabituelle
El Niño est revenu cette année avec une intensité qui préoccupe les climatologues. Des chercheurs explorent des moyens de réduire potentiellement sa puissance grâce à des méthodes expérimentales telles que le blanchiment des nuages, qui pourrait renvoyer une partie du rayonnement solaire vers l'espace.Une étude propose la géo-ingénierie solaire
Une étude de la climatologue Jessica Wan et de ses collègues de l'Institut d'océanographie Scripps, publiée en 2026 dans Science Advances, suggère qu'une forme de géo-ingénierie solaire pourrait affaiblir un El Niño en cours. Ces épisodes de réchauffement dans le Pacifique perturbent les régimes météorologiques mondiaux, mais jusqu'à présent, aucune méthode n'existait pour atténuer leur intensité.Le mécanisme et les effets d'El Niño
El Niño se produit lorsque les alizés faiblissent, permettant aux eaux chaudes de se déplacer vers l'est à travers le Pacifique équatorial. Ce déplacement peut perturber les régimes de précipitations dans le monde entier, provoquant sécheresses, inondations, canicules et pertes agricoles. En 2026, le phénomène a repris avec une vigueur inhabituelle, certains modèles suggérant la possibilité d'un « super El Niño ».Une inspiration venue d'événements passés
L'idée d'agir sur El Niño est née d'un événement inattendu lors des méga-incendies australiens de 2019 et 2020. La fumée de ces incendies a modifié les nuages au-dessus du Pacifique Sud, contribuant à une phase prolongée de La Niña et montrant que des perturbations atmosphériques peuvent influencer l'état du Pacifique.Une méthode de blanchiment des nuages testée
L'étude a modélisé une approche de géo-ingénierie solaire ciblant une région précise du Pacifique subtropical oriental, en simulant l'injection d'environ 500 particules par centimètre cube au-dessus des nuages bas. Les aérosols de sel marin utilisés dans cette méthode blanchissent les nuages, réfléchissant davantage de rayonnement solaire et refroidissant la surface de l'océan. Les chercheurs ont testé cette approche sur deux grands épisodes El Niño : ceux de 1997-1998 et de 2015-2016.Le moment de l'intervention compte
Dans chaque cas, l'El Niño simulé était plus faible que l'événement réel. Le moment de l'intervention a été déterminant : l'effet de refroidissement le plus marqué a été observé lorsque l'injection commençait en juin et se poursuivait jusqu'au mois de février suivant. Un démarrage en décembre, alors que le mécanisme était déjà en marche, a eu un effet beaucoup plus faible. En avril 2016, la température simulée de l'océan est tombée nettement en dessous de la température réellement observée.Les obstacles restent nombreux pour un déploiement
Toutefois, rien de tout cela n'est près d'être déployé contre l'El Niño actuel. Les simulations ne tiennent pas compte des obstacles techniques ni de la question politique centrale : faut-il accepter d'éventuels effets secondaires sur le climat ? Selon des études utilisant le modèle climatique britannique UKESM1, refroidir l'est du Pacifique pourrait faire basculer le système au-delà de son équilibre, déclenchant potentiellement une La Niña d'une ampleur sans précédent.Impacts régionaux et prochaines étapes
El Niño et La Niña n'affectent pas toutes les régions de la même manière. Une intervention qui pourrait profiter à certains pays risquerait d'aggraver les conditions ailleurs. Pour l'instant, cette approche reste limitée à des simulations numériques. Des modèles plus fins devront encore préciser la dose et le calendrier avant d'envisager toute expérience en mer.