La NASA détecte la formation d'un fort El Niño

La NASA a repéré des signes d'un événement El Niño potentiellement historique, dont le pic est attendu cet automne, à partir d'observations par satellite. Ce phénomène, qui a officiellement débuté en juin 2026, devrait durer jusqu'en février 2027, selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

El Niño pourrait être le plus fort depuis des décennies

L'Administration américaine océanique et atmosphérique (NOAA) estime à 83 % la probabilité que cet El Niño soit le plus puissant depuis 1950. El Niño fait partie du phénomène El Niño-Oscillation australe (ENSO), un cycle climatique naturel impliquant des variations de la température de surface de la mer dans le centre et l'est du Pacifique.

Changement climatique et El Niño

Selon l'OMM, rien ne prouve que le changement climatique augmente la fréquence ou l'intensité des événements El Niño. Toutefois, il peut en amplifier les effets en fournissant davantage d'énergie et d'humidité aux vagues de chaleur et aux fortes pluies, ce qui pourrait rendre leurs conséquences plus graves.

L'impact d'El Niño sur les températures mondiales

El Niño tend à faire grimper les températures mondiales, ce qui augmente la probabilité de nouveaux records de température. Agriculteurs, pompiers et habitants des zones côtières en ressentent déjà les effets, indique la NASA. La température de surface de la mer dans l'est du Pacifique est d'environ 1,7 °C supérieure à la moyenne à long terme et pourrait encore augmenter.

Les données satellitaires suivent les changements océaniques

Josh Willis, du Laboratoire de propulsion à réaction (JPL) de la NASA, indique que les températures de surface de la mer dans l'est du Pacifique sont nettement supérieures à la moyenne. La NASA utilise les satellites Sentinel-6 pour mesurer la hauteur des océans tous les 10 jours, en complément des données de la NOAA. Ces satellites aident à suivre les variations du niveau et des températures des mers.

Les ondes de Kelvin influencent le niveau des mers

Les ondes de Kelvin, des vagues d'eau chaude longues de plusieurs milliers de kilomètres, ont contribué à la hausse des températures et du niveau des mers dans l'est du Pacifique. Au début d'avril 2026, ces ondes ont fait monter le niveau de la mer de 30 à 40 centimètres dans certaines zones de l'est du Pacifique, tandis qu'il baissait de 15 à 20 centimètres autour de l'Indonésie et du nord de l'Australie.

Baisse observée du phytoplancton

La NASA a cartographié une vaste bande d'eaux plus chaudes s'étendant sur plusieurs millions de kilomètres carrés, du Pacifique jusqu'à l'Amérique du Sud. Le satellite PACE, lancé en 2024, a observé que les eaux du Pacifique équatorial deviennent nettement plus bleues en raison d'une diminution du phytoplancton, qui prospère dans les eaux froides riches en nutriments.

L'effet d'El Niño sur la vie marine

Pendant El Niño, l'affaiblissement des alizés fait remonter moins d'eaux profondes riches en nutriments vers la surface, ce qui entraîne une raréfaction du phytoplancton et un océan plus bleu. Ce changement peut déclencher des effets en cascade dans toute la chaîne alimentaire marine, en affectant les populations de poissons et les écosystèmes.

La NASA poursuit la surveillance d'El Niño

La NASA prévoit de continuer à observer le phénomène El Niño et ses effets grâce à ses satellites. Les données recueillies depuis janvier indiquent un Pacifique déjà transformé par El Niño, avec des changements susceptibles de perturber la météo dans de nombreuses régions.

Une experte explique El Niño et La Niña

Karine Durand, spécialiste de la météo et du climat, explique qu'El Niño et La Niña sont des phénomènes climatiques caractérisés par des anomalies de température dans les eaux de surface du Pacifique équatorial, qui influencent fortement le climat mondial. Le climat terrestre se réchauffe, l'Europe se réchauffant plus vite que les autres régions, selon les évaluations.