Un El Niño qui atteint des niveaux records

Un phénomène El Niño d'une « intensité exceptionnelle » pourrait faire de 2026 l'année la plus chaude jamais enregistrée, selon l'Observatoire européen Copernicus. En septembre, ce phénomène météorologique a provoqué un réchauffement de certaines parties du Pacifique à des niveaux sans précédent, la température de l'ensemble des océans, régions polaires exclues, atteignant 21,05 °C, le niveau le plus élevé jamais enregistré pour ce mois.

Comprendre El Niño

El Niño est une variation climatique naturelle qui réchauffe les températures de surface au centre et à l'est de l'océan Pacifique équatorial. L'épisode actuel, déclaré en juin, pourrait devenir le plus intense jamais enregistré, amplifiant les effets du changement climatique d'origine humaine. La chaleur à la surface de la mer dans la « région Niño 3.4 », une zone de référence du Pacifique, a atteint un record absolu de 29,70 °C en septembre.

L'intensité d'El Niño comparée aux épisodes passés

L'Agence météorologique japonaise (JMA) a annoncé que El Niño s'était intensifié, avec des températures de la mer supérieures de 4,0 °C à la normale dans la zone de référence du Pacifique, dépassant le record précédent établi en décembre 1997. Toutefois, « nous ne pouvons pas encore confirmer que l'épisode actuel de El Niño est le plus fort jamais enregistré », a nuancé Copernicus auprès de l'AFP.

Projections de température mondiale

El Niño peut généralement entraîner une hausse des températures mondiales l'année suivant son pic d'intensité, attendu en décembre selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Cependant, Carlo Buontempo, directeur du service Copernicus, a déclaré que la température moyenne mondiale de surface pourrait atteindre un niveau sans précédent dès 2026. « Si nous suivons le schéma observé par le passé, nous pourrions connaître une année record en 2026, suivie d'une année record en 2027 », a-t-il déclaré à l'AFP.

Records de température récents

Selon Copernicus, le mois dernier a été le deuxième mois de septembre le plus chaud jamais enregistré, avec un écart de 1,63 °C par rapport aux niveaux préindustriels, c'est-à-dire avant que l'utilisation généralisée des combustibles fossiles ne réchauffe durablement le climat. C'est le deuxième mois consécutif où les températures dépassent le seuil de réchauffement de 1,5 °C par rapport à cette période, une limite qui correspond à l'objectif le plus ambitieux de l'Accord de Paris.

L'impact des objectifs climatiques

Il y a dix ans, cet accord visait à limiter le réchauffement nettement en dessous de 2 °C et à poursuivre les efforts pour le maintenir à 1,5 °C. Toutefois, ce seuil n'a pas été officiellement dépassé, tel qu'il est défini en moyenne sur de nombreuses années. Néanmoins, son franchissement est désormais considéré comme inévitable par la plupart des scientifiques et par l'ONU, qui appellent à en limiter l'ampleur et la durée.

L'effet d'El Niño sur 2024

Le dernier épisode d'El Niño a contribué à faire de 2024 l'année la plus chaude jamais enregistrée à ce jour, après une série de mois où les températures ont dépassé 1,5 °C, a relevé Carlo Buontempo. « Dépasser la limite à long terme fixée par l'Accord de Paris n'est qu'une question de temps », mais « l'ampleur de ce dépassement, et sa durée, dépendent encore de nous », a-t-il souligné.

Conditions de sécheresse en Europe

La sécheresse s'est également poursuivie dans certaines régions d'Europe, après un été très sec, et ces conditions se sont intensifiées ou étendues sur la péninsule Ibérique, la France, l'Italie, la partie occidentale des Balkans et la Grèce, a relevé Copernicus. Ainsi, « des débits fluviaux exceptionnellement faibles ont persisté sur une grande partie de l'Europe en septembre ». Une situation qui a rendu la navigation presque impossible sur certaines portions du Rhin en Allemagne.