Christian Grolier, secrétaire général de FO Fonction publique, s’est rendu à Mayotte du lundi 5 octobre, dans le cadre d’une tournée plus large de la délégation syndicale FO à travers la France et ses territoires ultramarins. Cette visite visait à préparer les prochaines élections professionnelles du secteur public, prévues du 3 au 10 décembre 2026, et à échanger avec les agents du secteur public ainsi qu’avec les représentants syndicaux pour recueillir leurs préoccupations. Grolier a également cherché à recueillir les doléances de la population mahoraise afin de les porter au niveau national et de s’assurer que leurs voix soient entendues en métropole. Grolier a expliqué que cette visite à Mayotte avait deux objectifs principaux : d’abord, préparer les élections du secteur public, qui sont cruciales pour déterminer la représentativité de l’ensemble du secteur, incluant les administrations de l’État, les collectivités locales, les communes et les hôpitaux publics. Ces élections concernent plus de 5,8 millions d’électeurs, représentant plus de 20 % de l’emploi salarié du pays. FO est la première organisation syndicale du secteur public de l’État et occupe cette première place depuis le début des élections en 2010. Le syndicat cherche à maintenir son influence lors du prochain scrutin. La visite à Mayotte était aussi motivée par le contexte budgétaire complexe, tant en métropole qu’à Mayotte, alors que la loi de finances pour 2027 est en cours de débat au Parlement. Grolier souhaitait revenir sur place pour évaluer l’avancement des efforts de reconstruction, qu’il a qualifiés de « très lents ». Les problèmes communs touchant l’ensemble des Mahorais, comme la sécurité, l’accès à l’eau et le logement, ont été relevés, bien que l’influence du syndicat reste limitée dans ces domaines. L’accent a été mis sur le secteur public, où le syndicat cherche à améliorer les conditions de restauration, de logement et de travail, notamment au vu des nombreux bâtiments publics en construction. Grolier a souligné l’importance de faciliter le télétravail trois jours par semaine lorsque cela est possible pour alléger la charge de travail. Il a noté que les agents du secteur public à Mayotte travaillent dans des conditions difficiles, avec un sous-effectif marqué et une proportion élevée de contrats précaires. Par exemple, 45 % du personnel de la préfecture est en contrat actuel, contre une moyenne nationale de 21 %. Les élections de décembre se dérouleront par voie électronique, ce qui pourrait entraîner une participation plus faible. Grolier a insisté sur la nécessité de mobiliser les agents du secteur public pour que leurs voix soient entendues, les accords nécessitant un soutien majoritaire des organisations syndicales représentatives. Actuellement, FO détient près de 20 % de représentativité et vise à augmenter cette part pour conserver sa place de leader. Mayotte occupe une place importante dans l’agenda syndical en raison de son statut de département de la République souvent perçu comme négligé. Malgré de nombreuses promesses et des visites fréquentes de ministres et de Premiers ministres, les progrès restent lents. Grolier a insisté sur la nécessité que Mayotte bénéficie des mêmes droits que les autres départements et ne soit pas traitée comme un département de second rang. Les actions futures incluront la prise en compte de demandes spécifiques pour Mayotte, comme l’attribution d’aides au logement à l’ensemble des agents du secteur public, quel que soit leur origine. Actuellement, les agents publics mahorais ne bénéficient pas des mêmes aides au logement que ceux de métropole. Grolier a plaidé pour une égalité de traitement entre tous les agents du secteur public, avec une prise en charge de 30 % de leur loyer par l’État. Lors de cette visite, Grolier a également abordé les préoccupations des lycéens concernant leurs conditions de vie et d’études. Il a confirmé que ces revendications seraient relayées en métropole, car elles rejoignent celles des enseignants, notamment en matière d’infrastructures et de réduction des effectifs par classe. Des efforts sont en cours pour construire un restaurant inter-administratif destiné aux agents du secteur public et pour garantir que les nouveaux arrivants disposent d’un logement temporaire à leur arrivée.