Le voyage en voiture électrique d'un ingénieur à la retraite

Didier, ingénieur retraité d'Auray dans le Morbihan, parcourt environ 25 000 km par an avec son épouse Marie-Christine pour rendre visite à leurs enfants aux deux extrémités de la France. En juin, le couple a reçu une Mercedes CLA 200, la version à petite batterie de la berline électrique.

Parcours de l'ingénieur et réflexions sur la voiture électrique

Didier, 71 ans et formé comme ingénieur, a fait toute sa carrière dans le bâtiment, où il a supervisé la conception et la construction de plusieurs milliers de logements, dépassant systématiquement les normes d'isolation et de consommation. Le couple réfléchissait depuis longtemps à passer à l'électrique. Ils avaient conduit une Toyota Prius il y a une quinzaine d'années, sans en être convaincus, faute d'autonomie et d'options suffisantes.

Critères précis pour le choix d'une voiture électrique

Didier s'est fixé un cahier des charges en trois points : une consommation très faible, surtout sur autoroute ; une batterie d'environ 60 kWh maximum ; et une recharge rapide de 15 à 80 % en une vingtaine de minutes. Sa définition de l'autonomie est pragmatique : « Le bon critère, c'est de pouvoir rouler au moins deux heures sur autoroute. »

La Mercedes CLA 200 et sa batterie LFP

Il a donc attendu la CLA 200 et sa batterie LFP (lithium-fer-phosphate) de 58 kWh. Pour justifier le choix de cette version, il s'appuie sur les deux volets du Supertest publié par Automobile Propre en janvier. Le premier mesure la consommation réelle et l'autonomie de la CLA, le second ses temps de recharge.

Prix et détails de l'achat

Le concessionnaire a accepté de passer sous le plafond de 47 000 € qui ouvre droit à la prime « coup de pouce » des certificats d'économies d'énergie (CEE). Le couple a finalement payé sa CLA 200 environ 42 000 €, et le véhicule leur a été livré le 10 juin 2026. En quatre mois, la berline a parcouru près de 8 000 km.

Performances et comparaison des coûts

Didier calcule une consommation moyenne de 12,4 kWh/100 km en usage mixte, légèrement supérieure à la valeur homologuée WLTP (12,3 kWh/100 km). Le résultat est d'autant plus remarquable que l'été a compté cinq épisodes de canicule, climatisation allumée. Il apprécie aussi une comparaison : sur le papier, seule la Renault Twingo électrique fait mieux, avec 800 kg de moins et un mètre de moins.

Recharge et coûts énergétiques

La recharge se fait à domicile, sur une borne de 7 kW limitée à 6 kW par un abonnement de 6 kVA qu'il n'a pas modifié. Une nuit suffit. Grâce à la chimie LFP, Didier charge jusqu'à 100 % sans aucune hésitation. Il dispose ainsi d'environ 50 kWh utilisables tout en conservant 15 % de réserve, soit environ 400 km.

Expérience de conduite et confort

Marie-Christine, qui conduit autant que son mari, la place en tête de leur classement : « De toutes les voitures que nous avons eues, c'est la meilleure et la plus confortable. » Le couple a pleinement adopté la conduite à une pédale jusqu'à l'arrêt complet, le freinage récupératif ralentissant la voiture dès que l'on relâche la pédale d'accélérateur.

Long trajet et collecte de données

Début octobre, le couple est descendu d'Auray à Nay, près de Pau : 712 km, dont les deux tiers sur autoroute à 130 km/h, le reste sur voies rapides et contournements. Le retour a eu lieu six jours plus tard, par le même itinéraire. Didier consigne tout dans un tableau : niveau de batterie, vitesse moyenne et consommation affichées à chaque étape, mais aussi température, force et direction du vent, pluie.

Influence de la météo sur la consommation

Pourquoi un relevé météo aussi minutieux ? « Le vent est un élément extrêmement important. Vent de face ou vent arrière, cela change complètement les résultats. » À l'aller, entre Niort et Bordeaux, un vent de sud de 20 km/h a suffi à faire grimper la consommation de ce tronçon à 14,6 kWh/100 km.

Efficacité de la recharge et praticité

Le rythme du voyage, en revanche, n'a pas changé : trois arrêts, comme avec une voiture thermique, dont deux avec recharge. Les charges de 25 à 90 % ont duré 26 et 27 minutes, sans préchauffage de la batterie, pendant le déjeuner et une pause café. Didier a calculé qu'en arrivant à chaque borne avec 10 % et en ne rechargeant que le nécessaire, 22 minutes au total auraient suffi.

Recharge sur autoroute et autonomie

Sur les bornes autoroutières 800 V, en Plug & Charge, aucun problème : on branche, la voiture s'identifie, la charge démarre. Selon son bilan, la CLA 200 pourrait ainsi parcourir 900 km en trois étapes dans la même journée, soit l'équivalent d'un trajet Lorient-Genève.

Performances réelles et mise en contexte

Ces chiffres doivent toutefois être replacés dans leur contexte, et Didier est le premier à le faire. Ses 14,7 kWh/100 km sur autoroute sont nettement inférieurs aux 17,0 kWh/100 km mesurés par Automobile Propre sur la même CLA 200 lors d'un trajet Lyon-Paris de 500 km. La différence tient surtout à la conduite.

Facteurs qui font varier la consommation

Dans son bilan, Didier énumère ce qui fait grimper la consommation : des températures inférieures à 5 °C, un vent de face fort, le mode Sport, une remorque ou un porte-vélos. Les recharges prennent également plus de temps par temps froid, sans préchauffage. L'expérience n'a pas non plus été parfaite hors autoroute.

Satisfaction et économies

Après quatre mois, le couple est pleinement satisfait. Leurs habitudes de déplacement n'ont pas changé, et le budget énergie s'est effondré. Sur huit ans et environ 200 000 km, Didier a calculé que l'écart d'environ 12 € par 100 km représente une économie d'environ 24 000 €, soit plus de la moitié du prix d'achat.

Impact environnemental et conseil

Il souligne aussi l'amélioration de son bilan carbone : selon ses estimations, son ancienne voiture à essence aurait émis environ 40 tonnes de CO2 sur sa durée de vie (200 000 km), contre seulement 3 tonnes pour la petite batterie de la CLA 200. Il adresse également une remarque à notre rédaction. En janvier, Automobile Propre a actualisé son classement des meilleures voitures pour les longs trajets. Didier en a retenu la moyenne : une batterie de 83 kWh et un prix de 62 000 €. « Ce n'est pas forcément un bon message pour les personnes un peu hésitantes, qui peuvent penser qu'elles n'en ont pas les moyens. »