Guide de protection de l'enfance désormais publié

Sarah El Haïry, haute-commissaire à l'Enfance, a souligné sur Sud Radio que les professionnels qui travaillent auprès des enfants sont en première ligne et peuvent avoir du mal à garder une approche calme et sans jugement face à des cas graves de maltraitance ou de négligence.

Le guide décrit les signes de maltraitance potentielle

Un nouveau guide est distribué aux professionnels de l'éducation, de la santé, du sport et de l'animation. Il les encourage à être attentifs aux indices de comportement, physiques ou scolaires, qui peuvent révéler une maltraitance potentielle. Parmi eux figurent les blessures récurrentes, un isolement soudain, une tristesse persistante, une anxiété excessive, des troubles du sommeil et, en milieu scolaire, l'absentéisme, une forte baisse des résultats scolaires, des difficultés de concentration ou un désintérêt soudain pour les activités.

Le guide explique comment réagir lorsqu'un enfant se confie

Le guide précise comment les professionnels doivent réagir si un enfant révèle une maltraitance. Il recommande d'écouter activement, de rester calme, de laisser l'enfant parler sans l'interrompre et de valider sa décision de se confier. Il met en garde contre les questions suggestives ou orientantes et conseille de conserver les mots exacts de l'enfant lorsqu'on signale les faits aux autorités compétentes, telles que les juges, la police ou la gendarmerie.

Questions recommandées aux professionnels

Des questions ouvertes et neutres sont recommandées, par exemple « Peux-tu me raconter ce qui s'est passé ? », plutôt que des questions orientantes comme « Ton père t'a fait ça ? ». Le guide souligne l'importance de transmettre rapidement les informations préoccupantes, notamment en contactant le numéro d'urgence national 119.

Hausse des appels au 119 en 2024

En 2024, le numéro 119 a reçu 40 709 demandes, soit environ 111 par jour. Gwenaelle Durand, secrétaire générale du SNIES-UNSA Éducation, a salué ce guide. Elle a noté que l'approche consistant à écouter sans interroger et à valider la parole de l'enfant correspond aux pratiques déjà en vigueur chez les infirmières scolaires.

Nécessité d'un suivi et de formations

Elle a toutefois insisté sur le fait que l'écoute ne constitue qu'une première étape et qu'un accompagnement au long cours est indispensable. Elle a rappelé que les infirmières scolaires, formées pour recueillir ces confidences et tenues au secret professionnel, sont souvent en sous-effectif : on compte plus de huit mille infirmières pour douze millions d'élèves, et de nombreuses infirmeries sont fermées faute de personnel. Elle a demandé que les formations soient dispensées pendant le temps de travail et que des procédures de suivi adaptées soient mises en place pour garantir la sécurité de l'enfant.