L'étude d'UNICEF France montre que les enfants en âge préscolaire savent exprimer leurs émotions et signaler des violences familiales ou scolaires, d'où la nécessité de stratégies précoces de protection.
Les enfants décrivent clairement leurs émotions
UNICEF France a publié les premiers résultats de sa 7e Consultation nationale, à laquelle ont participé 64 enfants scolarisés en maternelle, en France métropolitaine et en Guadeloupe. Menée par des chercheurs en psychologie du développement, l'étude a utilisé des jouets et des figurines pour interroger les enfants de 3 à 5 ans sur leurs sentiments. Les résultats montrent que les enfants sont capables d'utiliser des mots précis, comme joie, peur, tristesse ou colère, pour décrire leurs émotions.Le soutien de la famille et de l'école
L'enquête révèle que les enfants s'appuient sur un réseau de relations solide pour se réconforter. Les parents sont la principale source de soutien lorsque les enfants se sentent tristes ou inquiets. À l'école, les enseignants et les ATSEM (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles) jouent un rôle essentiel en apportant chaque jour rassurance et protection aux jeunes enfants.Des signalements de violences
Spontanément, des enfants ont évoqué des violences subies dans le cadre familial ou, plus rarement, à l'école. Des propos tels que « Quand papa me frappe, je suis très triste » ou « Quand la maîtresse me frappe, je pleure » ont été rapportés. Ces témoignages révèlent un état émotionnel complexe, car les adultes vers lesquels les enfants se tournent pour être réconfortés sont parfois ceux qu'ils craignent pour les punitions ou les violences. Certains enfants vont même jusqu'à justifier ces actes en les reliant à leurs propres « bêtises ».Des inquiétudes qui entraînent un suivi
L'étude a identifié 19 situations nécessitant une attention particulière, qui ont donné lieu à un suivi renforcé et à des signalements auprès des services de protection de l'enfance. Si la taille réduite de l'échantillon ne reflète pas la fréquence globale des violences dans cette tranche d'âge, elle montre qu'une approche adaptée permet de mettre au jour une détresse qui, sans cela, pourrait passer inaperçue.Un appel à mieux prendre en compte la parole des enfants
UNICEF France demande aux pouvoirs publics de mettre en place une stratégie nationale incluant les enfants de moins de 6 ans, et d'améliorer la formation des professionnels de la petite enfance. L'organisation estime que l'écoute des jeunes enfants n'est pas seulement une marque de bienveillance, mais la reconnaissance de leurs droits juridiques. Créer, à la maison comme à l'école, des espaces sûrs où les enfants peuvent s'exprimer peut les aider à gérer leurs émotions et à éviter d'être exposés à la violence.