À l’approche de la Journée mondiale de la santé mentale, l’UNICEF France a publié les premiers résultats d’une étude pilote le 8 octobre, dans le cadre de sa 7e Consultation nationale, qui porte sur les droits et la santé mentale des enfants et des adolescents. Cette étude a impliqué 64 enfants âgés de 3 à 5 ans, issus de la France métropolitaine et de la Guadeloupe. Les enfants ont été interrogés à l’aide de méthodes adaptées à leur âge, afin de mieux comprendre leurs expériences quotidiennes, la manière dont ils identifient leurs émotions et vers qui ils se tournent pour obtenir de l’aide ou du réconfort. Les recherches ont révélé qu’à un très jeune âge, les enfants peuvent exprimer leurs sentiments s’ils en ont l’occasion. Les figures clés de leur vie – comme les parents, les grands-parents, les frères et sœurs, les enseignants et les ATSEM (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles) – ont été identifiées comme des sources importantes de réconfort et de soutien. Adeline Hazan, présidente de l’UNICEF France, a souligné que l’étude confirme une vérité simple mais souvent négligée : les jeunes enfants ont des perspectives précieuses sur leurs émotions et leurs expériences. L’organisation insiste sur le fait que ces perspectives doivent être considérées comme des informations essentielles pour mieux comprendre le bien-être et la santé mentale des tout-petits. Bien que les enfants n’aient pas été directement interrogés sur la violence, beaucoup ont spontanément décrit avoir été témoins ou victimes de comportements violents de la part d’adultes dans leur environnement, principalement au sein de la famille, et plus rarement à l’école. Des déclarations comme « Quand papa me frappe, je suis très triste » ou « Quand la maîtresse me frappe, je pleure » ont été enregistrées lors des entretiens. L’UNICEF met en lumière une contradiction troublante : certains adultes, considérés comme des figures de soutien, sont aussi ceux que les enfants craignent en raison de leurs actes ou de leurs réactions. Cette situation souligne la vulnérabilité des très jeunes enfants, qui dépendent des adultes pour leur sécurité, leur protection et leur développement. Sur l’ensemble de l’échantillon, 19 situations ont nécessité une attention particulière. Certaines ont conduit à des mesures de protection pour les enfants concernés, notamment des suivis pouvant inclure des signalements de comportements préoccupants. Cependant, l’UNICEF précise que cette étude est qualitative, expérimentale et basée sur un échantillon limité. Elle ne permet donc pas d’estimer la fréquence de la violence chez les enfants de 3 à 5 ans. Malgré cela, elle démontre que les jeunes enfants peuvent aborder des questions liées à leur sécurité et à leur bien-être lorsqu’ils évoluent dans un environnement sûr et bienveillant. L’UNICEF France appelle les autorités publiques à accorder davantage d’attention aux voix des jeunes enfants. L’organisation recommande de mettre en place une stratégie nationale sur la participation des enfants, avec un accent particulier sur les moins de 6 ans. Elle suggère également d’élargir les occasions pour les enfants de s’exprimer dans les structures d’accueil de la petite enfance, d’améliorer la formation des professionnels travaillant avec les enfants et de renforcer les efforts pour soutenir les parents et lutter contre les violences éducatives ordinaires. Les résultats complets de la 7e Consultation nationale, qui a impliqué plus de 23 000 enfants et adolescents âgés de 3 à 18 ans, seront publiés le 17 novembre.