Une étude pilote d'UNICEF-France révèle que des enfants dès trois ans peuvent exprimer leurs émotions et leurs préoccupations lorsqu'ils disposent des bons outils, soulignant l'importance d'écouter leur voix.
Une étude explore les réflexions émotionnelles des jeunes enfants
Une étude pilote menée par les chercheurs Charlotte Coudronnière et Fabien Bacro pour l'UNICEF France révèle que des enfants dès l'âge de trois ans peuvent exprimer leurs émotions, leurs préoccupations et leurs relations, lorsqu'on leur donne les bons outils. Annoncée le 8 octobre, l'étude visait à recueillir la parole des enfants âgés de 3 à 5 ans sur des sujets liés à leur bien-être et à leur santé mentale, tout en améliorant la compréhension de leur vécu émotionnel.Des méthodes adaptées aux jeunes enfants
Les chercheurs ont utilisé des méthodes adaptées au développement des jeunes enfants, notamment la lecture d'un livre intitulé La couleur des émotions et l'utilisation de peluches pour représenter différentes émotions. Ils ont également recouru à des marionnettes pour aider les enfants à discuter de ce que signifie se sentir bien ou mal dans leur tête et dans leur cœur. Les séances se déroulaient en petits groupes, afin de favoriser les échanges et de créer un environnement sûr pour s'exprimer.Les enfants désignent leurs principaux soutiens
L'étude montre que, lorsqu'un cadre sécurisant est proposé, les jeunes enfants savent reconnaître leurs émotions, les relier à des situations concrètes et identifier les personnes importantes de leur entourage. Les parents étaient les principaux soutiens des enfants confrontés à la peur, à la tristesse ou à la colère, tandis que les grands-parents, les frères et sœurs et la famille élargie jouaient un rôle important, en particulier en Guadeloupe. Les enseignants et le personnel d'accompagnement de l'école ont également été fréquemment cités comme des adultes de confiance.Des révélations de violences familiales
Certains enfants ont évoqué des violences subies au sein de leur famille, comme le fait d'être frappés par un parent ou un enseignant. Ces révélations ont conduit à des mesures de protection pour les enfants concernés, notamment des mesures de suivi destinées à répondre aux inquiétudes. Toutefois, l'UNICEF France souligne que l'étude, de nature qualitative et fondée sur un échantillon limité, ne permet pas de déterminer la fréquence de ces violences chez les enfants de 3 à 5 ans. Elle montre en revanche que de très jeunes enfants peuvent parler des questions qui touchent à leur sécurité et à leur bien-être, lorsqu'ils bénéficient du soutien adéquat.Recommandations pour la participation des enfants
L'UNICEF France exhorte les pouvoirs publics à prendre plus au sérieux la parole des jeunes enfants et à élaborer une stratégie nationale sur la participation des enfants, avec une attention particulière pour les moins de six ans. Elle recommande également d'élargir, dès la maternelle, les occasions pour les enfants de s'exprimer, d'améliorer la formation des professionnels travaillant auprès des enfants, et de soutenir les parents ainsi que les actions de lutte contre les violences éducatives. Les résultats complets de la 7e Consultation nationale, qui associe plus de 23 000 enfants et adolescents âgés de 3 à 18 ans, seront publiés le 17 novembre.