La Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) est un service public français qui accompagne et protège les mineurs et jeunes majeurs sous la tutelle de la justice. Cela concerne les jeunes en danger ou ayant commis une infraction. Son objectif est de les aider à s’intégrer socialement, scolairement et professionnellement, afin de réduire les risques de récidive. Chaque année, environ 80 000 jeunes sont pris en charge par la PJJ, un chiffre stable depuis une dizaine d’années. Dans le domaine civil, la PJJ intervient également pour protéger l’enfance. Elle évalue et suit les situations d’enfants en danger en appliquant des mesures judiciaires d’investigation éducative (MJIE), ordonnées par des juges des enfants. En 2025, 139 186 mineurs ont été suivis par la PJJ, dont 40 % uniquement dans le cadre de la protection de l’enfance. Cette mission mobilise près de 10 000 professionnels de la PJJ, ainsi que 2 500 professionnels du secteur associatif habilités. En août 2025, le garde des Sceaux, ministre de la Justice, a défini trois axes prioritaires pour la PJJ : lutter contre la criminalité organisée, renforcer l’action éducative face à la délinquance juvénile, et jouer un rôle accru dans la politique de protection de l’enfance. La PJJ collabore avec d’autres services du ministère, notamment les magistrats de la jeunesse, l’administration pénitentiaire et les autres services concernés. Elle travaille aussi en partenariat avec l’ENPJJ, l’école nationale de protection judiciaire de la jeunesse, qui forme des professionnels, des magistrats, des surveillants, des avocats, ainsi que des représentants du secteur associatif ou des départements. La PJJ s’apprête à appliquer une réforme concernant les placements au pénal. Depuis le 1er septembre 2025, 85 unités judiciaires à priorité éducative (UJPE) ont remplacé les anciens centres éducatifs fermés publics et les unités éducatives d’hébergement collectif. Cette réforme, fondée sur un diagnostic commun, vise à remplacer un modèle basé sur des structures fixes par un système plus flexible, où le magistrat détermine le niveau d’encadrement nécessaire. Chaque UJPE est dotée d’un professeur technique et d’un infirmier à temps plein, et peut développer des orientations spécifiques. À terme, 123 UJPE devraient être déployées sur l’ensemble du territoire. Un bilan sur la récidive, la stabilité des parcours et l’insertion professionnelle sera réalisé en 2029. Des travaux se poursuivront également sur le milieu ouvert, avec la publication d’un cahier des charges pour les unités éducatives de milieu ouvert (UEMO) en 2026.