Des exploitations menacées de fermeture à cause des conditions météorologiques extrêmes

Jusqu'à 35 000 exploitations agricoles de France métropolitaine risquent de fermer cet hiver en raison d'un été caniculaire et d'une sécheresse persistante, qui ont fortement réduit les rendements des cultures et la disponibilité du fourrage.

Le gouvernement lance le plan Casi

Le gouvernement français a lancé le plan Casi (Climat, adaptation, sécheresse, incendies) le 4 septembre, doté d'un budget d'un milliard d'euros, afin de répondre à la crise provoquée par les conditions météorologiques extrêmes et la sécheresse.

Répartition des fonds et critiques

Sur le milliard d'euros, 520 millions sont affectés à une assurance climatique (ISN), 300 millions à l'exonération de la TFNB (taxe sur le foncier non bâti) et 235 millions à un « fonds de réarmement agricole ». Toutefois, les critères de répartition sont jugés opaques, et certains types d'exploitations sont exclus de l'aide.

Les agriculteurs demandent une aide urgente

Selon une source gouvernementale, 30 000 à 35 000 exploitations ont besoin d'une aide d'urgence en raison de la sécheresse, des incendies et d'un été caniculaire. Dans de nombreuses régions, les pertes de rendement atteignent en moyenne 50 %, si bien que de nombreux agriculteurs doivent payer leurs factures d'eau sans avoir de revenus estivaux.

Couverture assurantielle et indemnisation

Seules 18 % des exploitations françaises sont couvertes par une assurance privée contre les pertes de récoltes. L'ISN indemnise les pertes de cultures liées aux aléas climatiques, mais son bénéfice est conditionné à la souscription d'une assurance. Pour les exploitations non assurées, les indemnités ne se déclenchent qu'à partir de 50 % de pertes, avec un taux de versement de 28 %, ce qui laisse de nombreux agriculteurs avec une compensation minime.

Critiques du fonds de réarmement

Le « fonds de réarmement agricole » est critiqué pour sa répartition inégale, certains départements recevant davantage de soutien que d'autres. Dans la Drôme, par exemple, le fonds apporterait 400 euros par agriculteur, qualifiés de « miettes » par les syndicats locaux.

Exclusion de certaines exploitations

Les critères d'attribution excluent les exploitations en procédure collective ainsi que celles qui ne demandent pas la PAC (politique agricole commune), ce qui suscite des débats sur les bénéficiaires de l'aide. La Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab) a relevé que le maraîchage diversifié était exclu des critères, ce qui concerne 17 % des exploitations.

Stratégie du gouvernement et concentration du secteur

Pour certains, l'approche du gouvernement consiste à profiter d'une situation exceptionnelle pour opérer une sélection, en accélérant un « plan social » qui pourrait laisser de nombreux agriculteurs sans soutien. La disparition de 100 000 exploitations et de 80 000 équivalents temps plein en dix ans illustre la concentration persistante du secteur.