Une enquête révèle que 31 % des salariés français doutent de leur avenir professionnel, les jeunes actifs étant les plus touchés, signe d'une crise d'orientation croissante.
Une enquête met en lumière l'incertitude professionnelle en France
Une enquête inédite menée par Chance.co révèle que 31 % des actifs en France remettent sérieusement en question leur avenir professionnel. Réalisée entre août et septembre 2026, l'étude a réuni 18 065 participants et met en évidence un sentiment d'incertitude croissant chez les travailleurs.Les jeunes actifs particulièrement touchés
Les moins de 25 ans sont les plus concernés : 42,8 % d'entre eux connaissent ce que l'on appelle le « seum structurel », un terme qui désigne un profond malaise face à son parcours professionnel. Ce taux est 1,8 fois supérieur à celui des 55 ans et plus (23,6 %).Un score de seum qui traduit l'insatisfaction
L'enquête mesure un « score de seum » sur une échelle de 0 à 100, avec une moyenne de 46,8, ce qui témoigne d'une insatisfaction généralisée. Les scores les plus élevés se trouvent chez les 25-34 ans (35,9 %) et les 35-44 ans (34,9 %), signe que les actifs en milieu de carrière s'inquiètent particulièrement de leur avenir.Des différences régionales dans le malaise professionnel
L'incertitude professionnelle varie selon les régions. Les Hauts-de-France affichent le score moyen le plus élevé, à 50,0 sur 100, ce qui indique que plus de 40 % des actifs de la région vivent une situation de détresse. À l'inverse, les actifs des régions d'outre-mer ne présentent que 27,9 % de seum structurel, ce qui souligne les écarts de conditions de travail entre les régions françaises.Le coût des salariés désengagés
Le malaise professionnel entraîne des pertes financières pour les entreprises. Selon des études internationales, un salarié désengagé peut coûter entre 10 000 et 15 000 euros par an en perte de productivité, en absentéisme et en rotation du personnel. En France, cela pourrait concerner près de 9 millions de travailleurs, selon les résultats de l'enquête.Rotation des effectifs et accompagnement à la reconversion
Les secteurs industriel et technologique sont particulièrement touchés par une forte rotation des effectifs, avec un taux de 25 % chez les jeunes diplômés de moins de 30 ans, contre 8 % pour l'ensemble des salariés. Cette situation a stimulé le marché de l'accompagnement à la reconversion : depuis 2016, Chance.co a aidé plus de 50 000 personnes grâce à des bilans de compétences et à des groupes d'entraide.Plateformes numériques et investissement dans la formation
Les plateformes numériques gagnent une part croissante du marché de la reconversion en proposant des formations à distance adaptées aux professionnels en activité. Former un jeune diplômé coûte environ 15 000 euros, un investissement qui peut être perdu si le salarié quitte l'entreprise trop tôt.Méthodologie de l'enquête et biais de genre
Menée en ligne entre le 21 août et le 30 septembre 2026, l'enquête reposait sur un test anonyme de dix questions. Si l'échantillon présentait un biais de genre, 80 % des répondants étant des femmes, les écarts générationnels et régionaux relevés sont cohérents avec d'autres études sur le bien-être au travail.Un appel à l'adaptation
Ludovic de Gromard, cofondateur de Chance.co, considère ce doute non pas comme un échec, mais comme un signal en faveur d'une reconversion. Le défi consiste désormais à savoir si les entreprises et les politiques publiques sauront s'adapter à cette évolution, qui pourrait redéfinir le contrat social entre salariés et employeurs.