La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a prononcé son discours annuel sur l’état de l’Union devant le Parlement européen à Strasbourg, décrivant les effets croissants du changement climatique, tels que les incendies de forêt, les sécheresses, la baisse des rendements agricoles et une hausse significative des décès liés à la chaleur. Ce discours a été considéré comme un événement politique majeur, fixant l’ordre du jour de la Commission pour les mois à venir. Avec trois ans avant les élections européennes de 2029, von der Leyen visait à définir l’héritage de sa présidence. Le discours a été élaboré avec des contributions des gouvernements nationaux, des membres du Parlement européen et de divers groupes d’intérêt. Une réunion de travail avec le climatologue suédois Johan Rockström à Tervuren a fait partie des préparatifs. Cependant, des organisations environnementales ont exprimé des préoccupations. Caroline François-Marsal, du Réseau Action Climat, a déclaré que si von der Leyen n’a pas inversé la tendance sur les questions climatiques, le discours n’a pas suffisamment abordé les défis. Faustine Bas-Defossez, de l’Office européen de l’environnement, a jugé le discours alarmant au regard des preuves et des faits scientifiques. Von der Leyen a insisté sur la nécessité de renforcer la compétitivité économique et a proposé d’accélérer l’assouplissement des réglementations environnementales. Cela s’inscrit dans les discussions à Bruxelles autour des textes « Omnibus », qui visent à revenir sur certaines parties du Pacte vert pour l’Europe. L’un des exemples les plus visibles est le débat sur l’interdiction des véhicules à moteur thermique d’ici 2035. D’autres mesures incluent la réduction des efforts pour lutter contre la déforestation et la suppression des plans de transition climatique pour les entreprises. La présidente de la Commission a défendu les modifications des procédures d’autorisation environnementale, qui pourraient affaiblir la protection de certaines espèces. Ces propositions ont suscité des critiques, alors que von der Leyen promeut simultanément l’objectif de neutralité carbone tout en démantelant des politiques visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elle a souligné les 35 000 décès supplémentaires liés à la chaleur en Europe et a noté que l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde. Les mesures annoncées se concentrent sur l’adaptation et la gestion des crises, notamment un cadre européen pour la résilience climatique, un plan de lutte contre les vagues de chaleur et une flotte pour combattre les incendies. La Commission a également appelé à garantir l’accès à l’eau pour l’agriculture et l’élevage, bien que le discours n’ait pas abordé l’accès à l’eau potable pour la population, alors que 64 000 personnes en France en sont privées. Les préoccupations environnementales liées à l’intelligence artificielle n’ont pas été mentionnées dans le discours. Ces mesures ont été critiquées par les dirigeants de gauche comme limitées et cyniques, Terry Reintke, du groupe des Verts, condamnant les efforts de dérégulation et les attaques contre le Pacte vert. Von der Leyen est sous pression de la part du PPE, le groupe de droite, qui s’allie avec des partis d’extrême droite pour affaiblir les réglementations environnementales. À l’approche des élections nationales de 2027, notamment en Espagne, en Italie et en Pologne, les options de von der Leyen pourraient se réduire encore davantage. En France, une éventuelle victoire du Rassemblement national (RN) pourrait modifier l’équilibre des pouvoirs à Bruxelles, le RN soutenant l’utilisation des énergies fossiles et s’opposant aux efforts d’adaptation climatique.