Défi de l'emploi des jeunes en Afrique

Chaque année, environ 10 à 12 millions de jeunes Africains entrent sur le marché du travail, alors que 86 % des emplois en Afrique subsaharienne relèvent du secteur informel. Cette situation met en évidence le besoin croissant d'un meilleur alignement entre l'éducation et les compétences requises par l'économie.

La Semaine africaine des compétences vise à combler le fossé

La troisième Semaine africaine des compétences s'ouvre lundi 12 octobre à Harare, au Zimbabwe. Organisé par l'Union africaine, cet événement se concentre sur l'amélioration des systèmes de formation afin de mieux répondre aux besoins des entreprises et des industries.

Accent sur la formation pratique et les besoins des secteurs

Les discussions de la semaine réuniront des gouvernements, des entreprises, des établissements de formation et des partenaires au développement. Parmi les objectifs clés figurent le renforcement de la formation en entreprise, le financement des programmes et l'anticipation des compétences nécessaires dans les secteurs de la fabrication, de l'agroalimentaire, de l'énergie et de la logistique.

Des stratégies continentales au cœur de l'initiative

Cet événement s'inscrit dans le prolongement de stratégies africaines plus larges, notamment la Stratégie continentale pour l'éducation en Afrique (2026-2035) et la Stratégie continentale pour l'enseignement et la formation techniques et professionnels (2025-2034). Ces stratégies visent à rendre la formation professionnelle plus pertinente et plus accessible sur l'ensemble du continent.

Accès limité à la formation technique

Malgré ces efforts, l'accès à l'enseignement technique et professionnel reste faible. Dans 43 pays africains, seuls 6,5 % des jeunes âgés de 15 à 29 ans ont suivi ce type de programme, selon l'Organisation internationale du Travail (OIT).

Les apprentissages et les stages restent rares

L'apprentissage en milieu professionnel est également peu répandu. Dans les 35 pays africains étudiés, seuls 35 jeunes sur 1 000 âgés de 15 à 29 ans ont participé à un apprentissage ou à un stage. Les jeunes femmes ont nettement moins de chances que les jeunes hommes d'accéder à ces opportunités.

La formation doit être associée à un soutien économique

La Banque mondiale souligne que le développement de l'emploi industriel exige bien plus que la formation. Les investissements, les débouchés commerciaux et le développement des entreprises doivent accompagner le renforcement des compétences pour créer une croissance durable de l'emploi.