Des avocats tahitiens mettent en garde contre l'usage de l'IA dans les services juridiques

Les avocats tahitiens ont affirmé leur opposition à l'utilisation de l'intelligence artificielle pour fournir une aide juridique, estimant qu'elle porte atteinte à la protection des clients. Ils s'inquiètent de la multiplication des plateformes automatisées et des outils d'IA non réglementés, susceptibles de donner des conseils juridiques sans véritable contrôle.

Inquiétudes face au « braconnage du droit »

L'Ordre des avocats de Papeete, qui représente les avocats tahitiens, s'inquiète du « braconnage du droit », une expression utilisée pour désigner la prolifération de services juridiques non encadrés. Cette question a été abordée lors d'un atelier organisé pendant le Congrès national des avocats à Toulouse, auquel l'ordre a participé.

Des protections juridiques pour la profession

L'Ordre a rappelé les textes existants, notamment les lois de 1971 et de 1990, qui garantissent que seuls des professionnels qualifiés peuvent fournir des consultations juridiques et rédiger des actes juridiques. Ces textes prévoient des sanctions pénales en cas d'exercice illégal, ce qui renforce le rôle des avocats face aux systèmes automatisés.

Éthique et responsabilité dans la pratique du droit

Les avocats tahitiens insistent sur le fait que les professionnels du droit offrent des garanties uniques, notamment le secret professionnel, une déontologie rigoureuse et une assurance de responsabilité civile. Ces protections, selon eux, ne sont pas disponibles avec l'IA ou les services juridiques automatisés, qui n'ont ni dimension humaine ni véritable responsabilité.

Le facteur humain reste essentiel

Si l'IA peut offrir rapidité et efficacité, les avocats tahitiens estiment que le conseil juridique exige des stratégies sur mesure et de l'empathie humaine. Selon eux, le droit ne se résume pas à des algorithmes froids et à des documents préformatés, et il faut un accompagnement personnalisé.

Attachement aux normes juridiques

L'Ordre des avocats de Papeete a vu sa détermination renforcée par la récente publication de la quatrième édition du Vade-mecum, un guide de la pratique juridique. Celui-ci conforte sa volonté de garantir à tous les citoyens polynésiens l'accès à un système juridique sûr et éclairé.