Une digue construite pour protéger la mer Caspienne d’une perte excessive d’eau a finalement provoqué l’assèchement du Kara-Bogaz-Gol, une lagune peu profonde du Turkménistan. Le golfe était relié à la mer Caspienne par un étroit détroit rocheux et drainait plus de 10 kilomètres cubes d’eau par an, contribuant ainsi au déclin progressif du niveau de la mer Caspienne. Les autorités soviétiques avaient décidé de stopper cet écoulement, estimant que le golfe accélérait inutilement l’évaporation des eaux de la mer Caspienne. La digue, achevée en 1980, a définitivement scellé la connexion entre les deux étendues d’eau.
Les ingénieurs s’attendaient à ce que l’eau déjà présente dans le golfe dure de nombreuses années grâce à l’évaporation. Pourtant, le processus de dessèchement s’est avéré dix fois plus rapide que ne l’avaient prédit l’Institut des affaires hydrauliques. Dès l’automne 1983, la lagune s’était transformée en un vaste désert recouvert d’une couche de sel de 50 centimètres. Le vent a transporté ce sel sur des centaines de kilomètres, atteignant des zones agricoles en Russie. Les tempêtes de poussière salée ont contraint de nombreux habitants vivant à proximité de l’ancien golfe à quitter leur foyer.
Les flamants roses, qui prospéraient autrefois dans le golfe, ont grandement souffert de cette transformation. Privés d’eau, leur source de nourriture – de petites crevettes saumâtres – a disparu, entraînant des morts massives parmi les oiseaux. La mer Caspienne elle-même n’a pas bénéficié de la fermeture du golfe : son niveau, qui fluctuait indépendamment de cette fermeture, a commencé à remonter dans les années 1990. En réaction, le Turkménistan, nouvellement indépendant, a décidé de rétablir la connexion entre le golfe et la mer. Au printemps 1992, la digue a été détruite, permettant à l’eau de s’écouler à nouveau vers la lagune.
Le rétablissement du Kara-Bogaz-Gol a été un processus lent. L’eau est revenue goutte à goutte, puis mètre par mètre. Il a fallu près de neuf ans pour que le golfe retrouve une partie de son ancienne vitalité : l’Artemia, une espèce de crevette saumâtre, a recolonisé les eaux hypersalines, et les flamants roses sont revenus s’y nourrir. L’exploitation du sel a également repris le long des côtes. Cet épisode reste l’un des exemples les plus frappants de la manière dont une décision d’ingénierie, prise dans l’intention de protéger un écosystème, peut produire l’effet inverse. Aujourd’hui, le détroit permet toujours à l’eau de la mer Caspienne de s’écouler vers la lagune, comme c’était le cas avant la construction de la digue.
Le projet de digue soviétique au Turkménistan entraîne des bouleversements environnementaux et écologiques
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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