Trois chercheuses récompensées par un prix prestigieux

Anne Gagneux et Amandine Chantharath, doctorantes à l'École normale supérieure (ENS) de Lyon, ont reçu le prix L'Oréal-UNESCO Pour les femmes et la science France 2026. Elles font partie des 35 doctorantes et post-doctorantes sélectionnées parmi 820 candidatures par un jury de plus de 50 membres de l'Académie des sciences.

Financements et formation pour les lauréates

Chaque lauréate reçoit une aide financière de 15 000 euros pour les doctorantes et de 20 000 euros pour les post-doctorantes, ainsi qu'une formation en communication et en leadership. Ce financement est destiné à soutenir leurs recherches et à les aider à développer des compétences essentielles pour leur carrière.

Le parcours universitaire d'Anne Gagneux

Anne Gagneux, qui a grandi à Clermont-Ferrand, a d'abord étudié l'architecture avant de se tourner vers les mathématiques. Elle prépare aujourd'hui une thèse à l'Inria, au sein de l'ENS de Lyon, sur les intelligences artificielles capables de générer et de restaurer des images.

Le parcours et les recherches d'Amandine Chantharath

Amandine Chantharath, qui a grandi à Rillieux-la-Pape, dans la banlieue lyonnaise, au sein d'une famille originaire du Laos, a découvert les grands établissements d'enseignement supérieur au lycée. Elle travaille désormais sur une thèse à la croisée de l'évolution, de l'immunologie et de la microbiologie, centrée sur les défenses immunitaires des organismes vivants.

Des prix pour soutenir les scientifiques en début de carrière

François Combes, astrophysicien et président de l'Académie des sciences, a souligné que les premières étapes d'une carrière scientifique sont déterminantes et souvent difficiles. Le prix vise à apporter un soutien à ce moment fragile, afin d'aider les lauréates à poursuivre leurs travaux et à se sentir valorisées au sein de la communauté scientifique.

Cérémonie et esprit de communauté entre lauréates

La cérémonie de remise des prix s'est tenue le 7 octobre à l'Académie des sciences. Anne Gagneux a relevé que le prix avait créé un fort sentiment de communauté entre les 35 lauréates, les encourageant à échanger leurs idées et à se soutenir mutuellement.

Les recherches d'Anne Gagneux sur l'IA

Les travaux d'Anne Gagneux portent sur la manière dont les intelligences artificielles génèrent et restaurent des images. Elle cherche à déterminer si ces systèmes peuvent réellement inventer de nouvelles images ou s'ils se contentent de recombiner des éléments existants qu'ils ont appris à partir des données d'entraînement. Le mécanisme exact de ce processus reste flou.

Les systèmes immunitaires au cœur des recherches d'Amandine Chantharath

Les recherches d'Amandine Chantharath portent sur les défenses immunitaires d'espèces méconnues. Elle a mis en avant les chauves-souris, qui hébergent souvent des virus sans présenter de symptômes, et les poissons, dont les systèmes immunitaires présentent des caractéristiques susceptibles d'inspirer la recherche médicale humaine.

Des encouragements pour les futurs scientifiques

Amandine Chantharath, revenant sur son propre parcours, a encouragé les jeunes issus des banlieues à prendre des risques et à ne pas se comparer aux autres. Elle a souligné que faire des erreurs fait partie du processus et que le chemin vers une carrière scientifique est rarement linéaire.

Anne Gagneux sur la place des femmes dans la science

Anne Gagneux a fait remarquer que les femmes sont sous-représentées dans des domaines comme l'informatique et les mathématiques. Elle a observé que, si des progrès sont accomplis, le nombre de femmes dans ces disciplines n'a pas connu d'évolution significative au cours des dernières décennies. Elle estime toutefois que le prix aide les femmes à gagner en confiance et à moins s'autocensurer.

Conseils aux jeunes femmes engagées dans la science

Anne Gagneux a encouragé les jeunes filles à embrasser une carrière scientifique et à oser essayer de nouvelles choses. Elle a souligné que les disciplines scientifiques sont variées et ne se limitent pas à résoudre des équations toute la journée. Elle a partagé sa propre expérience, son passage de l'architecture aux mathématiques puis à l'informatique, mettant en lumière la diversité des opportunités offertes dans ces domaines.