Durée de sommeil et risque de démence

Une étude publiée en avril 2026 dans la revue PLOS One par les épidémiologistes Akinkunle Oye-Somefun et Chris Ardern, de l'université York, révèle que dormir trop ou trop peu est associé à un risque accru de démence.

Une étude couvrant une large population et une longue période

La recherche a regroupé des données provenant de plusieurs cohortes suivies pendant plus de dix ans, un volume rarement atteint dans la recherche sur le sommeil. La durée de sommeil idéale pour les adultes se situe dans une fenêtre d'une heure, précisément entre sept et huit heures par nuit.

Une analyse à grande échelle du sommeil et de la démence

L'étude a analysé 17 études de cohortes portant sur 1 344 170 adultes, dont aucun n'avait reçu de diagnostic de démence au début de l'étude. Les participants ont été suivis en moyenne pendant 12,1 ans et étaient âgés de 67,5 ans en moyenne à leur inclusion.

Le risque de démence varie selon la durée de sommeil

Près de 50 000 participants ont reçu un diagnostic de démence pendant la période de suivi. Chaque étude comparait les personnes dormant peu et celles dormant beaucoup à celles déclarant dormir entre sept et huit heures. Dormir moins de sept heures était associé à un risque de démence supérieur de 18 %, tandis que dormir plus de huit heures augmentait ce risque de 28 %.

L'interprétation du cas des grands dormeurs reste incertaine

Le cas des grands dormeurs reste difficile à interpréter, car un sommeil prolongé pourrait être un signe précoce de la maladie plutôt qu'un facteur déclencheur. Les auteurs de l'étude soulignent que la relation est associative, sans permettre de déterminer le sens de la causalité.

La méthode de mesure du sommeil introduit une incertitude

La méthode de mesure du sommeil ajoute de l'incertitude, car les 17 études reposaient sur des questionnaires auto-déclarés plutôt que sur des capteurs. Une personne peut passer neuf heures au lit sans récupérer, et la qualité du sommeil n'a été prise en compte dans aucune des cohortes.

Le système glymphatique et le sommeil

Pendant le sommeil, le système glymphatique, qui élimine les déchets du cerveau, fonctionne à plein régime. Une nuit courte pourrait limiter ce processus. Pour les nuits longues, les auteurs suggèrent que des maladies associées ou des modifications neurodégénératives pourraient être en cause.

Le comportement sédentaire influe aussi sur le risque de démence

Le comportement sédentaire s'est révélé avoir un effet comparable sur le risque de démence. Trois études ont mesuré le temps passé assis, ce qui limite la portée des résultats. Au-delà de huit heures par jour assis, le risque de démence augmentait de 27 %.

L'activité physique réduit le risque de démence

À l'inverse, les adultes pratiquant 150 minutes d'activité modérée par semaine présentaient un risque de démence inférieur de 25 %. La partie consacrée au comportement sédentaire portait sur 295 809 personnes, contre près de 2,9 millions pour l'activité physique.

Pistes de recherche futures

Un suivi débutant dès l'âge de 35 ans est présenté comme un axe de recherche essentiel. Les auteurs suggèrent que les études futures utilisent des montres connectées plutôt que des questionnaires afin de mesurer ces facteurs avec davantage de précision.