La RCA cherche de nouvelles connexions numériques

La République centrafricaine (RCA) s'efforce d'améliorer ses connexions internet internationales, longtemps limitées par son statut de pays enclavé et par l'absence d'accès direct aux câbles sous-marins. Le pays dispose aujourd'hui de deux liaisons par fibre optique avec ses voisins, mais il étudie une troisième voie, passant par la République démocratique du Congo (RDC), pour rejoindre les réseaux mondiaux.

Les responsables discutent d'une liaison par fibre optique avec la RDC

Roger Andjalandji, ministre centrafricain de l'Économie numérique, des Postes et des Télécommunications, et Augustin Kibassa Maliba, son homologue congolais, ont évoqué une éventuelle interconnexion par fibre optique lors d'une table ronde sur la souveraineté numérique tenue à Moscou le 8 octobre. S'ils ont reconnu l'importance de ce projet, aucun calendrier ni plan de financement n'a été annoncé.

Les câbles sous-marins de la RDC offrent un accès à la RCA

Relier les réseaux en fibre optique des deux pays permettrait à la RCA d'accéder à internet international via les câbles sous-marins de Moanda, en RDC. Deux de ces câbles sont déjà en place : 2Africa et le West Africa Cable System (WACS), qui relient l'Afrique, l'Europe et le Moyen-Orient.

Le câble 2Africa offre une connectivité à haut débit

Lancé en 2020 par Meta et d'autres opérateurs de télécommunications, le câble 2Africa s'étend sur environ 45 000 km et peut transporter jusqu'à 180 térabits par seconde de données. Airtel a activé 200 gigabits par seconde de sa capacité en RDC le 18 décembre 2025, renforçant l'accès à internet dans la région.

Le WACS assure une connectivité de longue date

Le West Africa Cable System (WACS), câble sous-marin de 14 530 km mis en service en 2012, relie l'Afrique du Sud au Royaume-Uni et dessert plusieurs pays africains, dont la RDC. Il a été modernisé pour transporter jusqu'à 14,5 térabits par seconde de données, ce qui en fait une solution fiable face aux systèmes plus récents.

Les routes existantes de la RCA présentent des risques

Actuellement, la RCA se connecte aux réseaux internationaux via le Cameroun et la République du Congo, dans le cadre du projet Central African Backbone (CAB). Toutefois, la dépendance à des corridors terrestres a provoqué des perturbations, comme des actes de vandalisme en mars 2026 qui ont endommagé certaines parties du réseau et entraîné des coupures de service.

La RCA explore des alternatives à l'est

Pour réduire ces risques, la RCA se tourne vers l'est, notamment vers un projet de connectivité avec le Soudan du Sud annoncé en mai 2026. Si les détails restent flous, la proximité du pays avec des pôles est-africains comme Djibouti et le Kenya pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour le développement d'internet.

Davantage de routes améliorent la résilience

La multiplicité des accès aux connexions internationales est considérée comme essentielle à la résilience numérique de la RCA. Des liaisons alternatives permettent de maintenir le trafic internet en cas de perturbation, à condition que les réseaux soient indépendants et disposent d'une capacité suffisante. Cela pourrait également augmenter la bande passante disponible pour le pays à mesure que la demande croît.

Une meilleure connectivité pourrait faire baisser les prix de l'internet

Selon un rapport de la Banque mondiale publié en 2024, doubler la capacité des câbles sous-marins en Afrique pourrait réduire de 7 % les prix du haut débit fixe et de 13 % ceux du haut débit mobile. En 2026, des responsables centrafricains ont indiqué que la connexion aux câbles sous-marins via les pays voisins avait déjà stimulé l'accès à internet, le taux de pénétration étant passé de 15,5 % au début de 2025 à 30 %.