Alors que la transformation numérique continue de progresser dans le monde, les pays africains s’efforcent d’améliorer leurs infrastructures de connectivité. Cette tâche est particulièrement ardue pour les pays enclavés, qui doivent dépendre de leurs voisins pour accéder aux réseaux internationaux. Lundi 5 octobre, des responsables nigérians ont annoncé le lancement imminent d’une liaison par fibre optique avec l’Algérie. Cette interconnexion constitue une étape clé pour le Niger, pays enclavé sans accès direct aux câbles sous-marins, afin de diversifier ses routes de connectivité internationale. Selon l’Agence nigérienne de presse (ANP), le ministre des Communications et des Technologies de l’information et de la communication, Hamani Kargné, s’est rendu à Agadez, où il supervisera la cérémonie officielle de lancement de cette liaison près d’Assamaka, à la frontière algérienne. Cette initiative s’inscrit dans des efforts plus larges visant à réduire l’isolement numérique du pays. La liaison par fibre optique avec l’Algérie s’inscrit dans le cadre du Backbone optique transsaharien (DTS), un projet régional visant à renforcer les télécommunications terrestres et à interconnecter plusieurs pays du Sahel et d’Afrique du Nord. Au Niger, ce projet prévoit d’étendre le réseau national jusqu’aux frontières de cinq pays voisins : l’Algérie, le Nigeria, le Bénin, le Burkina Faso et le Tchad. Sur le territoire nigérian, le projet inclut 1 031 kilomètres de fibre optique répartis sur cinq routes. Celles-ci relient notamment la frontière algérienne, la frontière tchadienne, la frontière nigériane, ainsi que des routes vers le Bénin et le Burkina Faso. En plus de ces axes, un boucle locale de 88 kilomètres est prévue pour relier des sites administratifs clés à un futur centre de données national. L’Algérie, par exemple, dispose déjà de cinq liaisons sous-marines connectées aux réseaux internationaux, avec une sixième prévue pour 2027. Sa capacité internationale a atteint 9,8 Tbit/s en 2024, selon le ministère algérien des Postes et Télécommunications. Cela offre au Niger une route supplémentaire pour sa connectivité internationale. Au sud, la liaison avec le Bénin permet d’accéder à des câbles comme l’ACE, le SAT-3 et le MTWA/Moov Africa, tandis que la connexion avec le Nigeria donne accès à un marché lié à plusieurs systèmes sous-marins, dont le MainOne, le SAT-3, l’ACE, le Glo-1, le WACS, l’Equiano et le NCSCS. Des pays voisins comme le Burkina Faso et le Tchad, également enclavés, pourraient potentiellement servir de points de transit pour les infrastructures de connectivité. Cependant, des défis persistent. Bien que ces interconnexions devraient aider à réduire l’isolement numérique du Niger et à améliorer l’accès à Internet, leur impact dépendra de l’achèvement effectif de tous les segments. Le projet DTS avait déjà reçu une approbation provisoire en novembre 2025 après la finalisation des 1 031 kilomètres de fibre sur le territoire nigérian. Un autre défi réside dans la vulnérabilité des réseaux de fibre terrestre, souvent posés le long des routes ou des axes de transport. Ces câbles peuvent être accidentellement sectionnés lors de travaux ou endommagés par des accidents, du vandalisme ou des attaques dans des zones touchées par l’insécurité. Une perturbation sur un segment peut priver de connectivité les zones qui en dépendent. Le Niger reste vulnérable aux incidents affectant les réseaux par lesquels transite son trafic. Une panne au Bénin, au Nigeria, au Burkina Faso ou en Algérie pourrait impacter l’accès du pays aux réseaux internationaux, même si ses propres infrastructures restent intactes. Le Tchad, par exemple, dépend du Cameroun pour sa connectivité internationale et est régulièrement affecté par des pannes qui touchent les infrastructures de son voisin. Sa liaison avec le Soudan est hors service depuis 2024 en raison du conflit en cours dans ce pays.