Le RCA lance un portail de services numériques

La République centrafricaine (RCA) a annoncé mercredi 14 octobre le lancement d'un portail national destiné à faciliter l'accès des citoyens à l'information et aux services publics. Cette initiative intervient alors que l'utilisation d'Internet reste limitée, ce qui soulève des questions sur la capacité de la population à profiter de la numérisation de l'administration.

Le portail propose plusieurs services

Les services actuellement disponibles sur la plateforme couvrent plusieurs domaines, dont les transports, les affaires juridiques, l'éducation et la santé. Dans le secteur des transports, les usagers peuvent demander un abonnement aux transports urbains ou un permis de conduire. Le volet juridique comprend les demandes de casier judiciaire national et de certificat de nationalité.

Des services disponibles dans l'éducation et la santé

Dans le domaine de l'éducation, la plateforme propose des démarches liées au certificat d'études et au certificat du baccalauréat. En matière de santé, elle permet de demander une consultation médicale et de prendre rendez-vous. Des services destinés aux acteurs du secteur financier, aux ONG et aux entreprises figurent également dans la liste.

L'objectif est de simplifier l'accès aux services

Les autorités centrafricaines affirment vouloir rapprocher l'administration des citoyens en leur permettant d'accéder plus facilement aux services publics, sans avoir à se rendre dans les bureaux administratifs ni à subir de longues files d'attente. Toutefois, cette approche n'est pas systématique : même les démarches administratives numérisées peuvent rester hors de portée d'une partie de la population.

Un accès à Internet encore limité

L'accès à ces services nécessite notamment une connexion Internet. Selon DataReportal, environ 670 000 personnes utilisaient Internet en Afrique centrale à la fin de 2025, soit environ 12 % de la population. Le pays comptait à la même période environ 2,49 millions de connexions mobiles.

La couverture réseau est inégale

La disponibilité des réseaux constitue un autre facteur. Selon les données de l'« Indice de connectivité mobile » du GSMA pour 2024, les réseaux 2G et 3G couvraient environ 60 % de la population. La 4G, dont le lancement commercial a débuté en 2025, est encore en phase de déploiement. Au-delà de la couverture, les usagers doivent disposer d'un équipement compatible avec Internet, qu'il s'agisse d'un ordinateur, d'une tablette ou d'un smartphone, et être en mesure de payer les forfaits nécessaires.

Les compétences numériques comptent

La maîtrise de la lecture et des compétences numériques de base figure également parmi les conditions qui peuvent faciliter ou compliquer l'utilisation des services en ligne. Ne pas avoir un accès personnel à Internet ne signifie pas forcément être privé de services numériques. Selon le GSMA, environ 710 millions de personnes, soit 9 % de la population mondiale, ont accédé à Internet mobile en 2024 à l'aide d'un appareil partagé ou emprunté.

Les appareils partagés offrent un accès

En Afrique subsaharienne, cette proportion atteignait 6 %. Partager un téléphone connecté peut ainsi permettre à plusieurs membres d'un même foyer d'accéder aux services en ligne. Une personne maîtrisant les outils numériques peut également aider d'autres personnes dans leurs démarches.