Les Français se sentent plus en surpoids que jamais, avec une hausse marquée des complexes depuis 50 ans, malgré les mouvements body-positive.
Les Français se sentent plus en surpoids que jamais
Une étude Ifop pour Darwin Nutrition, menée auprès de plus de 3 000 personnes, révèle que les Français, hommes et femmes confondus, se perçoivent aujourd’hui plus en surpoids qu’à aucun autre moment des cinquante dernières années. La zone abdominale suscite particulièrement des inquiétudes : le souhait de la maigrir est trois fois plus fréquent aujourd’hui (76 %) qu’en 1979 (28 %).Des perceptions qui évoluent chez les femmes comme chez les hommes
Les femmes sont plus nombreuses que jamais à se sentir trop grosses : 61 % d’entre elles déclarent cette perception aujourd’hui, contre 41 % en 2001 et 36 % en 1997. Les hommes aussi sont de plus en plus critiques envers leur propre corps, avec 48 % qui estiment être trop gros, contre 33 % il y a vingt-cinq ans. Les femmes développent ces préoccupations plus tôt : 44 % des moins de 25 ans se trouvent trop grosses, contre 16 % des jeunes hommes du même âge.Body positive et comportements contradictoires
Alors que les réseaux sociaux regorgent de hashtags et de messages bodypositive prônant l’acceptation de soi, l’étude montre que cela ne se traduit pas forcément par un changement de comportement. Parmi les 18-34 ans, 74 % affirment adhérer aux valeurs du body positive, mais 45 % de ceux qui s’en réclament souhaitent tout de même perdre du poids avant les vacances, un chiffre proche des 46 % qui ne soutiennent pas ce mouvement.Dissonance cognitive et influence des médias
Les psychologues qualifient l’écart entre l’adhésion au body positive et l’envie de modifier son apparence de dissonance cognitive, où croyances et actions entrent en contradiction. L’étude révèle aussi que les personnes qui consomment régulièrement du contenu beauté sont plus susceptibles d’adhérer au body positive, tout en étant celles qui sont le plus exposées aux standards traditionnels de beauté. François Kraus, de l’Ifop, souligne que cette acceptation des corps divers peut être un idéal partagé, sans pour autant faire disparaître le sentiment de se sentir trop gros.