Extension du programme environnemental

Grand Poitiers étend un programme de paiement pour services environnementaux (PSE) afin d'associer davantage d'agriculteurs dans deux aires d'alimentation de captages d'eau potable essentielles. L'objectif est d'améliorer la qualité de l'eau en réduisant la pollution par les nitrates et les pesticides, qui proviennent souvent du ruissellement agricole.

Principales ressources en eau concernées

Les prises d'eau de Fleury et de La Varenne fournissent près de 80 % de l'eau potable de Grand Poitiers. Ces zones font l'objet d'un suivi attentif de la qualité de l'eau, ce qui les rend essentielles pour les stratégies environnementales et de santé publique de la région.

Un premier programme aux résultats limités

Un programme pilote de PSE lancé en 2022 dans l'aire d'alimentation de captage (AAC) de Fleury a peu mobilisé. Sur une vingtaine d'agriculteurs intéressés, seuls trois se sont engagés. Certains ont été freinés par des conflits avec des dispositifs agroenvironnementaux existants ou par les exigences du label Haie, qui modifiaient leurs pratiques agricoles habituelles.

Un nouveau programme à plus grande échelle

Pour répondre à ces difficultés, Grand Poitiers lance un nouveau programme de PSE, doté d'un cadre plus large. Il couvrira l'AAC de Fleury ainsi que certains secteurs prioritaires de la plus vaste AAC de La Varenne, et concernera 1 700 exploitations. L'objectif est de mobiliser 40 exploitations et environ 2 400 hectares sur les deux zones.

Trois piliers pour l'amélioration de l'environnement

Le nouveau programme repose sur trois grandes stratégies : couvrir les sols grâce aux cultures intercalaires et à l'implantation de cultures pérennes, réduire les intrants comme l'azote minéral et les herbicides, et diversifier les rotations avec des légumineuses et des cultures à faibles intrants. Les agriculteurs peuvent choisir les mesures adaptées aux besoins de leur exploitation, avec un soutien spécifique pour la culture du chanvre.

Soutien financier et financement

Pour surmonter les obstacles rencontrés précédemment, le programme associe le PSE à des aides directes. Certaines mesures, comme la création de prairies, seront entièrement financées par la collectivité à partir de 2027. D'autres changements dans les systèmes de production pourront être couverts par un nouveau PSE. L'indemnisation est limitée aux surfaces situées dans l'AAC, afin que les fonds soient concentrés sur les zones critiques pour la qualité de l'eau.

Financement et partenariats

Grand Poitiers prévoit de répondre à un appel à projets de l'Agence de l'eau Loire-Bretagne, pour un coût total estimé à 2,5 millions d'euros sur six ans. La collectivité prendra en charge 1,8 million d'euros et recherche des partenaires privés, comme des coopératives, pour contribuer au financement du programme et développer des débouchés locaux pour des cultures comme le chanvre.

Structure du premier PSE

Le premier PSE de l'AAC de Fleury a duré cinq ans et a permis aux agriculteurs de définir une trajectoire d'amélioration de leurs pratiques. L'indemnisation était fondée sur des résultats mesurables à partir de cinq indicateurs, notamment la couverture des sols, le reliquat azoté et l'utilisation d'herbicides. Les agriculteurs choisissaient les indicateurs sur lesquels ils souhaitaient travailler, et des évaluations annuelles déterminaient le montant des aides.