Des agriculteurs de Chartres cultivent des cultures à faible impact

Depuis 2022, des agriculteurs des environs de Chartres, dans le département d'Eure-et-Loir, cultivent des cultures de diversification à faible impact afin d'améliorer la qualité de l'eau utilisée par la métropole locale. Ces cultures font partie d'un effort plus large visant à réduire l'impact environnemental et à soutenir des pratiques agricoles durables.

Le programme PSE soutient les efforts environnementaux

Le programme de paiement pour services environnementaux (PSE) soutient ces efforts en offrant des incitations financières aux agriculteurs qui cultivent des plantes éligibles. Frédéric André, agriculteur à Favières, en Eure-et-Loir, participe au PSE depuis 2022, après en avoir entendu parler lors d'une journée technique consacrée au miscanthus, une graminée utilisée pour la biomasse.

Les cultures éligibles comprennent le tournesol, le sorgho et le chanvre

Les cultures de diversification à faible impact comprennent le tournesol, le sorgho, le sarrasin, le chanvre, le miscanthus et les produits de l'agriculture biologique. Ces cultures visent à réduire l'impact environnemental des rotations traditionnelles à base de cultures d'hiver, qui occupent la majorité des terres agricoles locales. Elles contribuent également à préserver la santé des sols et à améliorer la qualité de l'eau en réduisant le ruissellement et l'érosion.

Conditions d'éligibilité et détails des paiements du PSE

Pour bénéficier du PSE, les agriculteurs doivent avoir au moins 10 % de leurs terres situées dans une aire de captage et s'engager à cultiver plus de 5 % de leurs terres en cultures éligibles sur cinq ans. Les paiements par hectare vont de 130 à 600 euros, mais sont plafonnés à 20 % de la surface totale de l'exploitation.

Les difficultés pour rester éligible au PSE

Frédéric André a d'abord cultivé du sorgho et du tournesol dans le cadre du programme PSE, touchant plus de 600 euros par hectare en 2023. Il a toutefois dû renoncer au sorgho en 2024, faute de débouchés sur le marché. Il a alors planté du chanvre et du tournesol, mais le tournesol a été détruit par les limaces à cause d'un temps humide, ce qui l'a obligé à semer du maïs, une culture non éligible.

Changement de cultures et poursuite de la participation au PSE

En 2025-2026, Frédéric André a arrêté le chanvre en raison de problèmes contractuels et s'est tourné vers la production de semences d'orge et d'avoine de printemps. Il poursuivra ces cultures jusqu'en 2026-2027. Malgré ces difficultés, il reste favorable au programme PSE, qu'il juge efficace pour encourager des pratiques agricoles plus durables et améliorer la qualité de l'eau.

Couverts végétaux innovants pour la santé des sols

Frédéric André expérimente également des associations de couverts végétaux, avec un mélange de cinq espèces sans graminées et comprenant des légumineuses comme la vesce. Ces couverts permettent de produire davantage de biomasse, de limiter le développement des mauvaises herbes et d'améliorer la fertilité des sols en restituant de l'azote au sol. Ces pratiques pourraient être prises en compte pour un financement futur dans le cadre du PSE.

Perspectives pour le PSE et les filières locales

La métropole de Chartres travaille avec des partenaires locaux pour renforcer les filières de ces cultures. Une nouvelle version du programme PSE devrait être introduite prochainement, pouvant élargir le soutien aux techniques agricoles innovantes comme celles employées par Frédéric André.