L’élevage en France subit de plein fouet les récentes vagues de chaleur et de sécheresse, entraînant des pertes considérables dans plusieurs filières. Dans des régions comme la Bretagne et les Pays de la Loire, où les infrastructures sont moins adaptées aux températures extrêmes qu’au sud, des millions de volailles sont mortes. Les groupes professionnels Anvol et CNPO ont indiqué que plus de trois millions de poulets de chair et près d’un million de poules pondeuses ont péri cet été, représentant environ 2 % de la population totale de bétail du pays. Bien que ce chiffre soit inférieur à celui enregistré lors de la canicule de 2003, il révèle la vulnérabilité persistante du secteur face aux aléas climatiques. Les porcs de la région Grand Ouest ont également été touchés, avec un taux de mortalité excédentaire de 0,8 % chez les truies, ce qui pourrait entraîner une baisse du nombre de porcelets dans les mois à venir, selon le groupement Inaporc.
Les conséquences de la chaleur et de la sécheresse ne se limitent pas à la filière avicole. L’élevage bovin et ovin a enregistré une hausse des abattages, avec une augmentation de 1,7 % des ovins abattus sur un an et de 3,3 % des gros bovins en août, selon le ministère de l’Agriculture. Les éleveurs préparent déjà de nouveaux abattages par crainte d’un manque de fourrage à l’automne et de la flambée des prix des aliments pour bétail, comme l’a souligné le service statistique Agreste. Ces difficultés touchent aussi les élevages de poissons, coquillages et crustacés, où d’importantes pertes ont été signalées en raison de l’impact des températures élevées sur les milieux aquatiques.
La production laitière n’est pas épargnée : elle a chuté jusqu’à 30 % pendant les semaines les plus chaudes. Les collectes de lait ont reculé de 1,1 % en mai et de 1,3 % en juin, même si la production s’est stabilisée en juillet, période traditionnellement moins productive en été. L’augmentation des abattages laisse craindre des difficultés d’écoulement pour le marché, d’autant que la consommation de viande bovine et ovine est déjà en baisse en France. Cela pourrait entraîner des pénuries de viande lors des périodes clés de consommation, comme Pâques, si trop d’ovins sont envoyés à l’abattoir.
La production d’œufs a également été affectée, avec une baisse de la ponte et des calibres réduits. Le secteur table sur une hausse de 2 % de la production en 2026, après une progression de 0,8 % en 2025, grâce à la construction de nouveaux poulaillers et à l’allongement de la durée de vie des poules. Toutefois, la durée de vie moyenne des poules en système intensif – plus d’un an – limite la capacité à remplacer les pertes avant la fin d’un cycle de production, pour des raisons sanitaires.
Une crise structurelle pèse sur l’élevage : la pénurie d’aliments pour le bétail, aggravée par le manque de pluie qui freine la pousse de l’herbe. L’importation de foin interroge sur la disponibilité dans les pays voisins et sur la spéculation autour des prix. Les récoltes de céréales françaises, notamment de maïs utilisé comme fourrage, devraient être au plus bas en raison de la chaleur, tout comme celles de soja et de betteraves. Le Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (Snia) a alerté sur la nécessité d’adapter les cahiers des charges exigeant des aliments d’origine française, en raison de la pénurie et du coût des matières premières locales. Cette situation est encore compliquée par les répercussions de la guerre au Proche-Orient sur certains ingrédients – vitamines, acides aminés, minéraux et oligo-éléments –, dont la production n’est plus majoritairement assurée en France, selon le Snia.
L'élevage en difficulté face aux vagues de chaleur et à la sécheresse
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
livestockheatwavedroughtagriculturefood-crisis



