Les habitants de Mamoudzou manifestent contre de fortes hausses d'impôts, accusant la municipalité de mauvaise gestion financière dans un contexte de reconstruction après le cyclone.
Le collectif TCTF appelle à une révision de la fiscalité
Le collectif TCTF a annoncé de nouvelles actions de mobilisation le dimanche 18 octobre, en réaction à une forte hausse des impôts locaux à Mamoudzou. Le groupe demande une révision des taux de la taxe foncière, qui ont presque doublé en 2026 : les propriétés bâties sont désormais imposées à 17,93 %, contre 9,17 % auparavant.Une hausse d'impôts censée rapporter davantage
La hausse de la taxe foncière devrait rapporter six millions d'euros supplémentaires à la commune. Le taux applicable aux propriétés bâties a augmenté de 95,5 %, tandis que les propriétés non bâties ont subi une hausse moindre, mais tout de même notable, passant de 4,23 % à 8,27 %.Une rencontre avec le maire sans accord
Le collectif TCTF a demandé à rencontrer le maire, Ambdilwahedou Soumaïla, pour discuter des hausses d'impôts. Toutefois, le maire et les élus municipaux n'ont pas trouvé d'accord lors de cette réunion. La mairie justifie la hausse de la fiscalité par la nécessité de financer la reconstruction après le cyclone Chido, qui a causé plus de 91,7 millions d'euros de dégâts aux infrastructures.Une reconstruction qui pèse sur les finances
Selon la mairie, l'indemnisation des assurances pour ces dégâts est limitée à 12 millions d'euros, dont huit millions ont déjà été perçus. L'aide de l'État tarde à arriver et ne couvre que 80 % des opérations éligibles. Pour poursuivre la reconstruction, la commune a contracté des emprunts, réduit de 10 % les indemnités des élus et mis en place des mesures d'économies.Le maire attribue la hausse d'impôts au cyclone
Dans un communiqué, le maire a affirmé que la hausse de la fiscalité n'aurait pas eu lieu sans les dégâts causés par le cyclone Chido. Il s'est engagé à réduire les taux à partir de 2029. Cependant, le collectif TCTF affirme que le maire n'a laissé aucune place à la négociation sur les nouveaux taux et qu'il a éludé les préoccupations concernant la gestion financière et le gel des recrutements.Des difficultés financières qui dépassent le cyclone
Le collectif TCTF soutient que les difficultés financières de Mamoudzou ne sont pas uniquement dues au cyclone et pointe un déficit de 53 millions d'euros à la fin de 2025. Ce montant correspond à l'encours de dette de la commune, qui s'élève à 53,86 millions d'euros. La Chambre régionale des comptes avait déjà relevé un déficit corrigé de 11,87 millions d'euros pour l'exercice 2024.Une charge supplémentaire pour les habitants
Le collectif TCTF souligne que de nombreux habitants de Mamoudzou se remettent encore des effets du cyclone, certains vivant sous des bâches et n'ayant pas encore reconstruit leur maison. Le groupe prévoit de poursuivre sa mobilisation, avec un nouveau rassemblement prévu le dimanche 18 octobre à 15 h 30, sur la place Makango.