Le ghosting cause plus de culpabilité qu'on ne le pense

Une étude publiée dans la revue Personality and Social Psychology Bulletin et relayée par Psy Post suggère que les personnes qui pratiquent le ghosting peuvent ressentir davantage de culpabilité et de tristesse que ce que les personnes qui en sont victimes perçoivent. Les chercheuses Sophia Li, Coral Zheng et Juliana Schroeder ont mené plusieurs expériences impliquant 195 adultes, qui devaient se remémorer soit une situation où ils avaient pratiqué le ghosting envers quelqu'un, soit une situation où ils en avaient été victimes.

Un décalage émotionnel dans les situations de ghosting

Les participants ont évalué leurs propres émotions ainsi que celles qu'ils imaginaient chez leur interlocuteur. Ceux qui avaient pratiqué le ghosting ont déclaré se sentir plus mal que ce que supposaient ceux qui l'avaient subi, avec une note moyenne de malaise de 2,27 sur une échelle de 1 à 5, contre 1,56 pour ceux qui avaient été ignorés. Ces derniers ont sous-estimé la culpabilité et la tristesse de leur interlocuteur, et ont également eu tendance à sous-estimer le soulagement que celui-ci pouvait ressentir.

Le ghosting peut avoir des origines diverses

L'étude indique que disparaître d'une conversation ne signifie pas nécessairement vouloir blesser quelqu'un. Certaines personnes évitent les discussions gênantes, reportent leur réponse ou ne savent tout simplement pas comment exprimer leur désintérêt. D'autres peuvent oublier un message et laisser passer trop de temps, ce qui rend ensuite difficile le fait de reprendre contact.

Des interprétations différentes du silence

Les chercheuses ont constaté que ceux qui avaient pratiqué le ghosting involontairement ressentaient un malaise particulièrement important, souvent sous-estimé par leurs interlocuteurs. Ce décalage peut engendrer des malentendus : la personne qui attend une réponse peut interpréter le silence comme un manque de considération, tandis que celle qui ne répond plus peut éprouver de la culpabilité sans pouvoir renouer le contact.

Une variabilité des réactions émotionnelles

L'étude n'implique pas que toutes les personnes qui pratiquent le ghosting regrettent leur comportement, ni qu'un ancien partenaire silencieux pense encore à la personne qu'il a laissée sans nouvelles. Les résultats varient selon les situations. Dans une troisième expérience, impliquant des participants qui discutaient avec des inconnus, les chercheuses n'ont pas observé ce décalage émotionnel dans les résultats globaux.

Le contexte compte dans le ghosting

Le décalage est apparu principalement chez les personnes qui considéraient l'absence de réponse comme du ghosting. Cette nuance est importante, car tout le monde n'attribue pas la même signification au silence. Pour certains, quelques jours sans nouvelles suffisent à se sentir rejetés, tandis que pour d'autres, il ne s'agit que d'une conversation en pause. Lorsqu'une relation amoureuse est déjà installée, les conséquences émotionnelles peuvent être très différentes de celles d'un échange entre inconnus.

Gérer les attentes dans la communication

Répondre, même brièvement, peut éviter à l'autre personne d'imaginer le pire. Se rappeler que le silence ne signifie pas toujours de l'indifférence peut aider ceux qui ont été ignorés à prendre du recul. Toutefois, se sentir coupable ne dispense pas de faire preuve de considération. Parfois, quelques mots suffisent à rendre la situation moins pénible pour chacun.