Le secteur français de la betterave sucrière, qui couvre environ 90 % des besoins en sucre du pays, est le premier producteur de betteraves sucrières de l’Union européenne et se classe au deuxième rang mondial. Malgré d’importantes mutations ces vingt dernières années, il doit désormais relever des défis liés à sa compétitivité et à la protection de l’environnement. En 2025, 400 000 hectares de terres étaient consacrés à la culture de la betterave sucrière, un chiffre légèrement inférieur à la moyenne de 422 000 hectares enregistrée sur les dix dernières années. Toutefois, le rendement à l’hectare a atteint 89,4 tonnes, dépassant la moyenne décennale de 82 tonnes. Cette année, en revanche, devrait connaître une récolte exceptionnellement faible en raison des conditions météorologiques extrêmes de cet été.
La demande nationale française en sucre est restée stable, autour de 2,6 millions de tonnes ces cinq dernières années, dont près de 90 % sont satisfaites par la production locale, selon Agreste, le service statistique du ministère de l’Agriculture. Le pays affiche également un excédent commercial de 1 milliard d’euros par an dans les activités liées au sucre. Cependant, l’industrie s’inquiète de la concurrence déloyale au niveau européen et dans les accords commerciaux internationaux. Par exemple, certains États membres autorisent encore l’utilisation d’un pesticide appelé acétamipride, interdit en France depuis 2019. De plus, de nombreux accords de libre-échange prévoient des dispositions permettant des droits de douane réduits ou des quotas d’importation sur le sucre, qui, bien que modestes individuellement, posent collectivement un défi pour l’industrie sucrière européenne.
L’industrie dépend également fortement des engrais minéraux azotés importés, dont les prix ont fortement augmenté. Dans le nord-est de la France, où se concentrent la plupart des exploitations de betteraves sucrières, les coûts des engrais varient de 196 à 302 euros par hectare, et ont pu atteindre jusqu’à 593 euros par hectare ces dernières années. Cette hausse des coûts exerce une pression supplémentaire sur des marges déjà serrées.
Un autre enjeu majeur réside dans la contribution du secteur aux émissions de gaz à effet de serre. La filière sucrière produit environ 2 millions de tonnes de CO₂ par an, ce qui en fait le premier émetteur parmi les industries agroalimentaires. Si les émissions ont diminué de 30 % entre 1990 et 2012, puis de 15 % entre 2017 et 2022, le secteur reste énergivore, s’appuyant largement sur des combustibles carbonés. Son caractère saisonnier exige également trois fois plus d’énergie que les industries fonctionnant toute l’année.
Pour répondre à ces préoccupations environnementales, la filière a proposé un plan visant à réduire de 35 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, notamment grâce à la méthanisation et à la combustion de la pulpe de betterave. Cette approche soulève toutefois des questions de conflits d’usage, la pulpe étant également utilisée comme aliment pour le bétail. Par ailleurs, la production de digestat issu de la méthanisation, qui coïncide avec une période de faible demande en azote des cultures, pourrait nécessiter un stockage avant une utilisation optimale.
Enfin, l’industrie doit composer avec la disponibilité limitée de certains pesticides, notamment l’interdiction des néonicotinoïdes, nocifs pour les abeilles. Le Plan national de recherche et d’innovation (PNRI) a proposé plusieurs méthodes pour protéger les betteraves sucrières des ravageurs et des maladies, comme l’utilisation de plantes compagnes, de contrôles biologiques ou de mesures préventives. En attendant, une loi d’urgence a autorisé l’usage temporaire du flupyradifurone, un pesticide similaire aux néonicotinoïdes, pour traiter les semences de betteraves, malgré son interdiction en France depuis 2020.
L'industrie française de la betterave sucrière confrontée à des défis environnementaux et économiques
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
sugar-beetenvironmentagricultureeuropefertilizerscarbon-emissions



