Le 29 septembre, la ville de Lausanne a accueilli la troisième édition de la conférence Gender Equality and Sport+ sur le Campus IMD. L’événement a réuni 155 participants venus du monde entier, dont des responsables gouvernementaux, des organisations sportives et des universitaires. Organisée par l’Observatoire pour l’égalité des genres et du sport (GO), la conférence s’est concentrée sur la manière de créer des politiques plus inclusives dans le domaine sportif, les données nécessaires pour soutenir ces efforts, ainsi que les moyens de mesurer leur succès. Un thème central a été le rôle des données dans la compréhension des défis actuels et l’identification de pistes pour progresser en matière d’égalité des genres dans le sport. Le maire de Lausanne, Grégoire Junod, a évoqué le manque de femmes dans la recherche, tant en tant que chercheuses qu’en tant que sujets d’étude. Il a souligné que cet écart a des conséquences concrètes, comme le fait que les chaussures de football spécifiques aux femmes n’ont été développées qu’en 2025, faute de recherches sur les besoins des athlètes féminines. Félicité Rwemarika, présidente du GO, a insisté sur l’importance des données pour comprendre la situation actuelle, orienter les changements et suivre les progrès. L’an dernier, le GO a lancé un Knowledge Hub pour centraliser et partager les informations sur l’égalité des genres dans le sport, aidant ainsi les décideurs à faire des choix plus éclairés. La conférence visait à encourager davantage de filles et de femmes à s’engager dans le sport, leur offrant des opportunités de développement personnel et professionnel. Géraldine Yema Robert, ancienne basketteuse et conseillère sportive du président du Gabon, a exprimé l’espoir que les générations futures se sentiraient en sécurité et incluses dans le sport. Elle a noté que les filles ne veulent pas seulement participer, mais aussi prendre part aux décisions. Tous les participants, y compris des représentants gouvernementaux, des fédérations sportives et des universitaires, ont convenu que le sport devrait être un espace où les femmes peuvent être elles-mêmes, sans crainte ni biais. Une attention particulière a été portée sur les profils des chercheurs, dont les expériences peuvent influencer la collecte des données. Sally Hassona, entraîneuse de boxe en Égypte, a souligné la nécessité pour les chercheurs de comprendre la vie des athlètes et leurs situations sociales et économiques. Khalida Popal, ancienne footballeuse et militante pour les droits des femmes afghanes, a ajouté que les profils des chercheurs devaient être pris en compte lorsqu’on aborde les expériences des athlètes réfugiées. Tiago Guilherme, directeur de la branche Jeunesse du Réseau européen des ONG du sport (ENGSO), a mis en avant l’importance de combiner chiffres et récits personnels pour saisir pleinement la situation. Il a suggéré que le meilleur indicateur de succès réside dans le sourire des athlètes après l’entraînement ou en fin de journée, car les chiffres seuls ne reflètent pas la réalité. Géraldine Yema Robert a partagé cet avis, notant que les athlètes peuvent expliquer le contexte derrière les données, ce qui est essentiel pour identifier les problèmes et évaluer les programmes. La Fédération internationale de volley-ball (FIVB) s’est associée au GO pour évaluer l’état actuel de l’égalité des genres dans le sport. Un récent rapport a révélé qu’il faut davantage de femmes parmi les entraîneuses, car la transition du statut d’athlète à celui d’entraîneur est plus difficile pour les femmes que pour les hommes. Paulo Barone, responsable du développement et de la durabilité à la FIVB, a indiqué que 80 % des athlètes estiment qu’elles feraient de bonnes entraîneuses, suggérant que c’est le rôle d’entraîneur qui devrait être adapté plutôt que les athlètes elles-mêmes. Cette perspective a été bien accueillie par l’audience, soulignant l’importance de la conférence annuelle du GO pour aborder ces enjeux.