Un site archéologique à Solutré révèle des vestiges anciens

Entre 2015 et 2016, l'Inrap a mené une fouille dans le village de Solutré (Saône-et-Loire), mettant au jour des dizaines de milliers de vestiges qui attestent d'une occupation par des chasseurs du Magdalénien moyen il y a entre 19 000 et 16 000 ans. Ces objets, parmi lesquels des ossements, des outils en silex, des objets en os, des bois de renne et de l'ivoire, ont fait l'objet d'études spécialisées et seront exposés au musée de préhistoire de Solutré. Le transfert de propriété de l'État au département de Saône-et-Loire, soutenu par la Drac Bourgogne-Franche-Comté, a rendu cette opération possible.

Le site de fouille reflète les conditions climatiques d'autrefois

Le site de fouille, connu sous le nom de « Route de la Roche », se situe à l'entrée du village et a été occupé il y a 18 000 ans par des groupes du Paléolithique supérieur de la culture magdalénienne. À cette époque, l'Europe de l'Ouest connaissait la fin de la dernière grande glaciation, et le climat de la vallée de la Saône et des collines environnantes ressemblait à celui des régions subarctiques actuelles, avec une végétation de type toundra. La faune comprenait des herbivores adaptés au froid, comme le renne, le cheval et le mammouth, ainsi que des carnivores tels que le loup, le lynx et le renard.

Les objets révèlent la vie quotidienne et les pratiques de chasse

Les objets mis au jour lors de la fouille permettent de mieux comprendre les populations magdaléniennes et le site préhistorique de Solutré, qui n'était pas seulement un lieu de chasse mais aussi un lieu de vie. Les vestiges comprennent des traces d'activités de chasse et de la consommation d'espèces adaptées au steppe froid, comme le renne, le cheval, le lièvre, le bison, l'antilope saïga et le chevreuil. Toutes les parties des animaux étaient utilisées, y compris la peau, les tendons, les cornes, la viande, les abats, les os, les bois et, peut-être, la graisse et le sang.

Les outils de chasse témoignent d'un savoir-faire avancé

Parmi l'équipement de chasse découvert sur le site figurent des pointes de sagaie en bois de renne de dimensions variées, emmanchées sur des hampes en bois (non conservées). Ces armes étaient adaptées à la taille du gibier, des lamelles à dos en silex tranchant étant insérées dans la pointe ou dans la hampe pour en accroître l'efficacité.

Outils et parures révèlent la vie domestique

Outre les outils de chasse, la fouille a mis au jour des objets liés aux activités domestiques, tels que la découpe des animaux, le traitement des peaux et la couture, illustrés par plusieurs dizaines d'aiguilles en os de modèles différents. Tous les déchets et outils liés à la fabrication de ces objets sont présents sur le site.

Des parures uniques et des objets énigmatiques

L'un des aspects exceptionnels de cette fouille est un ensemble de parures, comprenant plus de 150 pièces. On y trouve des coquillages perforés provenant de la Méditerranée, des dents animales, ainsi que des objets en os perforés et décorés (bois de cerf, os hyoïdes), particulièrement rares dans la région. L'usure observée sur ces pièces suggère qu'elles ont été portées longtemps avant d'être abandonnées. Parmi les autres découvertes notables figure une « pomme de pin » en ivoire décorée d'un quadrillage sur toute sa surface, dont la fonction reste inconnue. Cet objet n'a aucun équivalent dans les vestiges paléolithiques français. La fouille a également livré une variété d'outils domestiques, notamment des aiguilles à chas en os, des grattoirs en silex et des poinçons.