L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié le 15 septembre un document exposant la méthode de calcul de l’empreinte carbone de la France entre 1990 et 2024. Le numéro 148 de la collection Insee Méthodes détaille une approche conjointe développée avec le Service des données et études statistiques (SDES), s’appuyant sur les tableaux internationaux d’entrées-sorties Figaro (Full International and Global Accounts for Research in Input-Output analysis), publiés par Eurostat. Cette méthode calcule l’empreinte carbone en attribuant les émissions à la demande finale française, et non uniquement à leur lieu de production. Elle intègre ainsi les émissions liées aux biens produits en France comme à ceux importés, ainsi que celles des ménages pour le chauffage des logements et les carburants automobiles.
Selon les derniers résultats publiés par le SDES le 16 octobre 2025, l’empreinte carbone de la France a atteint 563 millions de tonnes équivalent CO₂ (Mt CO₂ eq) en 2024, en baisse de 3,4 % par rapport à l’année précédente. Il s’agit du niveau le plus bas enregistré depuis 1990. Rapportée à la population, cette empreinte correspond à 8,2 tonnes par habitant. Sur ce total, 284 Mt (soit la moitié) proviennent d’émissions liées aux importations. Parmi celles-ci, 110 Mt sont imputables aux biens et services importés directement consommés par les Français, et 174 Mt aux matières premières et produits semi-finis utilisés dans la production nationale. Les émissions internes se répartissent entre 180 Mt pour la production française et 99 Mt pour les émissions directes des ménages.
La diminution de l’empreinte en 2024 s’explique principalement par un recul de 4,6 % des émissions importées, qui représentent environ 70 % des 20 Mt de réduction totale. Les émissions domestiques ont diminué de 2,9 %, notamment grâce à la décarbonation de la production d’électricité. Les émissions directes des ménages sont quant à elles restées quasi stables. La composition de l’empreinte montre que 74 % proviennent du CO₂ issu de la combustion d’énergies fossiles, 18 % du méthane et 5 % du protoxyde d’azote, principalement lié aux engrais azotés. Les principaux postes émetteurs sont les transports, le logement et l’alimentation, qui cumulent à eux seuls 68 % des émissions.
Sur le long terme, l’empreinte carbone a reculé de 20 % depuis 1990, une baisse principalement portée par les émissions internes, en diminution de 34 % (incluant celles des ménages). Les émissions liées aux activités économiques nationales, hors exportations, ont chuté de 39 %, tandis que celles des ménages ont baissé de 24 %. À l’inverse, les émissions importées ont progressé de 2 %, une hausse que le SDES attribue à la délocalisation d’une partie de la production et à l’augmentation de la demande en biens importés. L’écart entre l’empreinte carbone et les émissions des unités résidentes, mesurées selon le principe de résidence, est marqué. En 2024, ces dernières s’élevaient à 404 Mt, incluant 125 Mt liées aux exportations mais excluant les 284 Mt des importations. L’empreinte carbone dépasse donc de 39 % ce total. L’inventaire territorial, calculé par le Citepa (Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique), s’élève quant à lui à 369 Mt.
L’origine des émissions importées est également documentée. En 2023, 13 % des émissions de gaz à effet de serre de l’empreinte carbone française provenaient d’autres pays de l’Union européenne, la Chine représentant 11 %, les États-Unis et la Russie 3 % chacun. Dans une perspective internationale, le SDES utilise l’année 2022 comme référence, où l’empreinte carbone par Français s’élevait à environ 9,1 tonnes équivalent CO₂. Ce chiffre dépasse de 42 % la moyenne mondiale (6,4 tonnes par habitant) mais reste inférieur à la moyenne de l’Union européenne (10,7 tonnes). Les données pour 2024 restent provisoires, les émissions domestiques étant estimées à partir de données globales encore préliminaires, et la teneur en gaz à effet de serre des importations extrapolée à partir des tendances passées. En 2025, Eurostat a révisé ses tableaux internationaux, notamment pour la production agricole dans certains pays, ce qui a réduit l’empreinte de 7 % en moyenne sur la période 2010-2021 et de 9,5 % pour 2023. L’empreinte pour 2023 a ainsi été révisée à la baisse, passant de 644 Mt à 583 Mt. Le SDES souligne que l’année la plus récente reste la plus fragile en termes d’estimation, et le document de l’Insee publié en septembre précise ces choix méthodologiques.
Selon un nouveau rapport, l'empreinte carbone de la France diminue à 563 millions de tonnes en 2024
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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