Un bulletin météo indiquant +3 °C ne permet pas d’écarter la possibilité de pelouses givrées en début de matinée. La température officielle est mesurée sous abri, à 1,50 mètre au-dessus du sol, tandis que l’herbe, bien plus proche de la terre, se refroidit beaucoup plus vite. Par une nuit claire, l’écart de température entre l’air mesuré sous abri et celui à la surface de l’herbe peut atteindre environ 3 °C. Ainsi, même si le thermomètre affiche +2 à +3 °C, la surface de l’herbe peut descendre en dessous de zéro, formant une couche de givre sans que la prévision météo soit erronée. Les deux mesures sont exactes, mais elles concernent des endroits différents. Cet écart s’explique par un phénomène appelé gel par rayonnement, qui se produit lorsque le sol et la végétation émettent des infrarouges vers l’espace lors des nuits dégagées, sans recevoir de chaleur en retour. En journée, le soleil compense cette perte, mais la nuit, surtout par ciel clair, le sol se refroidit rapidement. Ce refroidissement est plus marqué dans les zones où le vent est léger et l’humidité élevée. Les nuages, à l’inverse, agissent comme une couverture, retenant une partie de la chaleur et rendant les nuits plus douces. Il en résulte une inversion thermique, où l’air le plus froid se trouve au niveau du sol et l’air plus chaud au-dessus. Ce type de gel est fréquent au printemps et en automne, lorsque les nuits s’allongent mais que l’air reste relativement doux. Un système de haute pression sec, appelé anticyclone, crée des conditions idéales pour le gel par rayonnement. Météo-France souligne que, dans ces circonstances, l’écart de température entre l’air au niveau du sol et celui mesuré sous abri peut dépasser 30 degrés. Cette différence explique pourquoi les matins peuvent sembler givrés alors que la température officielle reste au-dessus de zéro. Pour évaluer le risque de gel, il est essentiel de prendre en compte non seulement la température, mais aussi l’état du ciel et la vitesse du vent. Un ciel dégagé et un vent léger augmentent les chances de gel, tandis que les nuages et le vent les réduisent. Les prévisions locales peuvent être plus précises que les prévisions nationales, car des zones comme les vallées et les prairies ouvertes ont tendance à être plus froides que les régions urbaines ou côtières. Au jardin, la meilleure façon de protéger les plantes sensibles consiste à les rentrer ou à les recouvrir d’une couche protectrice avant la tombée de la nuit. Ces précautions permettent d’éviter les dégâts causés par un gel inattendu, d’autant plus que la saison des premières gelées approche.