Les deepfakes représentent de graves menaces pour l'identité numérique et l'intimité. Comment protéger nos corps numériques contre toute utilisation non autorisée ?
Les deepfakes, une menace croissante
Les deepfakes sont des images et des vidéos créées à l'aide de l'intelligence artificielle pour imiter de vraies personnes. Beaucoup servent à produire des contenus pornographiques non consentis, qui peuvent causer de graves préjudices aux personnes dont l'identité est volée ou manipulée.Impact sur les victimes
Les préjudices causés par les deepfakes ne se limitent pas à la diffusion de fausses informations. Les victimes subissent des conséquences bien réelles, telles que la détresse émotionnelle et l'atteinte à leur réputation. Leur identité et leurs informations personnelles sont utilisées contre elles sans leur consentement, faisant de ce problème bien plus qu'une simple question numérique.Exemples concrets
En 2018, la journaliste Rana Ayyub a été victime de cyberharcèlement au moyen de vidéos truquées la représentant. Les Nations unies ont condamné cet incident, soulignant à quel point ce type de contenu peut servir à réduire au silence des personnes. Le préjudice n'est pas seulement psychologique : il touche aussi le sentiment d'identité d'une personne et sa confiance envers les autres.Des usages qui vont au-delà de la pornographie
Les deepfakes servent à diverses fins malveillantes, notamment la désinformation politique et la fraude. En Slovaquie, un faux enregistrement audio a influencé une élection, tandis qu'à Hong Kong, un employé a été licencié après un appel vidéo truqué. Ces cas montrent comment cette technologie peut être détournée dans des contextes très différents.La notion de « corps numérique »
L'expression « corps numérique » désigne l'ensemble des signaux qui identifient une personne, comme son visage, sa voix et ses gestes. Ces signaux font partie de l'identité numérique d'une personne. Lorsque des deepfakes utilisent ces signaux sans consentement, cela ressemble à une attaque contre la personne elle-même.Défis juridiques et techniques
Les lois actuelles ne sont guère adaptées pour faire face à la complexité des deepfakes. Les protections juridiques sont fragmentées : elles visent la propriété ou la vie privée plutôt que l'intégrité de l'identité numérique. Des chercheurs estiment que la simple détection des faux ne suffit pas à aider les victimes, car le préjudice est réel et se poursuit.Contexte historique de la synthèse humaine
La synthèse humaine, c'est-à-dire la création numérique de l'apparence et de la voix d'une personne, a une longue histoire. Les premières expériences de numérisation d'images remontent à 1957, et l'utilisation d'acteurs virtuels dans des films comme The Crow en 1994 montre comment la technologie a évolué au fil du temps.L'essor du terme « deepfake »
Le terme « deepfake » est devenu célèbre en 2017, lorsqu'un utilisateur de Reddit a diffusé des vidéos non consenties de célébrités réalisées grâce à l'IA. Cela a conduit à la mise au point des réseaux antagonistes génératifs et d'autres modèles qui dominent aujourd'hui la création d'images. Le terme met en évidence une violation claire du consentement.Efforts pour protéger l'identité numérique
Certains pays étudient de nouveaux cadres juridiques pour protéger l'identité numérique. Le Danemark, par exemple, envisage d'accorder aux individus un droit direct sur leur visage et leur voix. Cela rendrait illégale l'utilisation de l'image d'une personne sans son consentement, quelles que soient l'intention ou le préjudice.Solutions technologiques de prévention
Des projets de recherche comme BeepFake visent à prévenir les deepfakes en rendant plus difficile le clonage des visages et des voix. Ces efforts privilégient la protection des identités numériques avant la création de tout contenu, afin que le consentement soit le fondement de toute utilisation de données personnelles.