Un cadre senior de Xbox a provoqué la polémique en révélant que l'industrie du jeu vidéo cache son usage de l'IA, malgré son adoption généralisée.
Le responsable de Xbox évoque l'IA dans les jeux
Un cadre supérieur de Xbox, Brandon Stirrup, affirme que l'industrie du jeu vidéo évite les discussions sur l'intelligence artificielle, selon des informations de presse. Directeur senior de la stratégie commerciale chez Xbox, Stirrup a publié sur X que l'entreprise utilise l'IA et qu'il était prêt à « encaisser le coup » si cela permettait à « des centaines » de collègues d'arrêter de faire semblant.L'expérience d'IA de Stirrup pendant le week-end
Stirrup a décrit un projet de week-end au cours duquel il a « vibe-codé » un jeu « mauvais mais améliorable » en deux jours, avec environ trois heures de travail actif. Le « vibe coding » consiste à décrire en langage courant ce que l'on attend d'une IA, qui écrit alors le code à notre place. Il en conclut que « n'importe qui peut créer un jeu ».Un ton qui se durcit et une critique de l'industrie
Le ton de ses messages s'est durci. Stirrup écrit : « Si je suis renvoyé demain, ce sera parce que je vous ai dit la vérité que personne ne veut que vous connaissiez. » Il affirme qu'une seule requête suffit pour obtenir des jeux sur mesure, « pour le meilleur comme pour le pire ». Selon lui, l'industrie du jeu vidéo est la seule à traîner des pieds, alors que les joueurs ont une image négative de l'IA.Usage de l'IA et transparence dans le jeu vidéo
Pour le joueur, cette IA utilisée en coulisses reste invisible. Depuis la mise à jour de ses règles en janvier 2026, Steam n'oblige plus les studios à signaler les assistants de code et autres outils de productivité. Seuls les contenus générés que le joueur voit ou entend (images, voix, textes, musiques) doivent être déclarés sur la page du jeu.Les déclarations de Stirrup et la position de Microsoft
Cependant, les propos de Stirrup n'engagent que lui. Il travaille sur la stratégie commerciale, n'avait jamais développé de jeu avant ce week-end et ne s'exprimait pas au nom de Microsoft. Les « centaines » d'employés qui utiliseraient l'IA sans le dire ne reposent que sur ses messages. Xbox n'a jamais caché son intérêt pour l'IA, mais Microsoft ne cache pas ses expérimentations.D'autres entreprises et des approches prudentes
D'autres éditeurs avancent également avec prudence. En juin, Capcom a promis de ne pas utiliser l'IA générative dans ses jeux, tout en reconnaissant y recourir pendant le développement. En septembre 2025, Phil Rogers, PDG du groupe suédois Embracer, a admis que l'IA risquait de produire des quêtes annexes « sans âme ». L'IA bouleverse aussi les projets amateurs. En juillet, Meta a lancé Pocket, une application qui crée des mini-jeux à partir d'une seule phrase, toujours indisponible en France.Les initiatives et la direction d'IA chez Xbox
Xbox a lancé plusieurs initiatives liées à l'IA. En février 2025, Xbox a présenté Muse, un modèle d'IA capable de générer des visuels et du gameplay. Deux mois plus tard, pour le 50e anniversaire de l'entreprise, Microsoft a présenté une démo de jeu générée par IA, avec un résultat désastreux. Asha Sharma, PDG de Xbox et ancienne dirigeante d'IA chez Microsoft, a lancé Xbox Labs le 13 octobre. Cette petite équipe doit explorer de nouvelles façons d'adapter, de remixer et de créer des jeux, après plusieurs semaines de mods réalisés avec l'IA, dont un Call of Duty jouable dans un navigateur web.Polémique et réaction interne
Stirrup, en revanche, n'a pas attendu que la polémique prenne de l'ampleur. Une source chez Xbox a expliqué à PC Gamer qu'il avait lui-même désactivé son compte X en raison du nombre de réponses reçues. Aucune sanction officielle n'a été rendue publique à ce jour.