Le Bureau national de récupération des avoirs criminels (ONRAC) au Sénégal a récupéré plus de 50 milliards de francs CFA (environ 85,8 millions de dollars américains) depuis le début de ses activités en 2022, a indiqué Me Moussa Sarr, ministre de la Justice. Il a révélé ce chiffre le 5 octobre lors de l’ouverture d’un atelier visant à renforcer les capacités des agents en matière de saisie, de confiscation et de récupération des avoirs criminels. La répartition de ce montant – qu’il provienne de comptes bancaires, d’espèces, d’immeubles ou d’autres biens meubles – n’a pas été précisée. Ce chiffre marque une hausse significative par rapport au dernier bilan connu, qui s’élevait à plus de 35 milliards de francs CFA en mai 2025. Cela signifie que les montants récupérés ont progressé d’au moins 42,9 % en un peu plus d’un an. Quelques jours avant l’annonce du ministre, l’ONRAC a organisé sa 20ᵉ vente aux enchères le 1ᵉʳ octobre 2026 à Dakar. Le directeur général de l’Office, le magistrat Mor Ndiaye, a précisé que plus de 6 000 articles avaient été vendus depuis 2023, générant près de 5 milliards de francs CFA au total, hors actifs bancaires et espèces. Ces ventes aux enchères permettent d’évaluer les biens que les tribunaux ont ordonné ou autorisé à vendre. Les fonds collectés sont d’abord déposés à la Caisse des dépôts et consignations, une institution publique qui gère ces sommes jusqu’à leur affectation selon les procédures légales. Ces fonds peuvent ensuite être utilisés pour le budget de l’État ou pour indemniser les victimes d’infractions. Lors de l’atelier, le ministre de la Justice a appelé à une meilleure efficacité dans la saisie, la confiscation et la récupération des avoirs criminels. Il a souligné l’importance d’engager rapidement des enquêtes sur les biens dans le cadre des procédures judiciaires afin d’identifier et de saisir les actifs conformément aux règles de droit. En plus de la récupération des avoirs criminels, l’ONRAC contribue également à la prévention des infractions économiques et financières en apportant un appui technique aux institutions et acteurs concernés. Cette double approche, axée à la fois sur la récupération et la prévention, vise à renforcer les systèmes juridique et financier du Sénégal face aux activités illicites.