Le ministre français propose le recours à la reconnaissance faciale

Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé son intention d'utiliser la technologie de reconnaissance faciale pour identifier les participants à un mouvement social en cours, relançant ainsi le débat sur la régulation et les implications éthiques de cette technologie.

Une brochure réaffirme l'appel à l'interdiction

L'annonce a coïncidé avec la republication d'une brochure intitulée Reconnaissance faciale et contrôle d'identité : que peut faire la police ?, éditée par l'organisation de défense des droits numériques La Quadrature du Net. Celle-ci plaide pour une interdiction totale de la reconnaissance faciale, en raison de son association avec le contrôle de l'État et de son potentiel d'abus.

Histoire de l'identification biométrique

La brochure fait remonter les origines de l'identification biométrique en France au XIXe siècle, lorsque Alphonse Bertillon a mis au point des méthodes anthropométriques permettant d'identifier les individus. Ces méthodes ont ensuite été perfectionnées avec l'arrivée de la photographie, qui a contribué à la création de systèmes d'identification centralisés, menant finalement à la technologie moderne de reconnaissance faciale.

Implication du secteur privé dans la reconnaissance faciale

Le document montre comment les intérêts de l'État et du secteur privé ont tous deux contribué au développement de la reconnaissance faciale. Des entreprises françaises comme Idemia, Thales et Ipsotek ont joué un rôle clé sur le marché mondial, en fournissant des outils de reconnaissance faciale à des forces de police et à des gouvernements à travers le monde, souvent sans le consentement des personnes concernées.

Critique de la surveillance et de la discrimination

La brochure soutient que la reconnaissance faciale a été utilisée comme outil de contrôle et de répression par l'État, notamment après les attentats du 11 septembre et dans un contexte de renforcement des lois sur la surveillance dans les pays occidentaux. Elle cite son usage dans les territoires palestiniens occupés par Israël et le traitement réservé par la Chine aux populations ouïghoures, et met en garde contre les risques de discrimination envers les groupes marginalisés.

Appel à une interdiction totale

La brochure conclut en exhortant à une interdiction totale de la reconnaissance faciale afin de protéger la vie privée des individus et leur liberté face à la surveillance de l'État. La Quadrature du Net encourage également le public à soutenir sa campagne par des dons.