Les manifestations étudiantes à Toulouse prennent de l’ampleur, le groupe d’opposition Demain Toulouse prévoyant de déposer une motion lors du conseil municipal de ce vendredi 9 octobre. Cette motion appelle la ville à soutenir la jeunesse et exhorte le gouvernement à améliorer le système de l’Éducation nationale. Le collectif espère faire pression sur le maire Jean-Luc Moudenc et sa majorité pour qu’ils prennent position clairement sur ce mouvement, qui dure depuis près de deux semaines. La mobilisation étudiante s’invite désormais dans l’arène politique toulousaine. Mercredi, les étudiants se sont rassemblés devant le lycée Ozenne et l’école hôtelière. La veille, la manifestation avait réuni environ 13 000 personnes selon les autorités locales, et 30 000 selon les organisateurs. Ilham Grefi, conseillère municipale de Demain Toulouse, estime que la ville ne peut rester neutre. Elle souligne qu’aucun élu n’a rencontré les étudiants ni pris position clairement sur la question. Salah Amokrane, autre membre du conseil, rappelle que le maire d’une ville de plus de 500 000 habitants, troisième de France, dispose d’un poids politique important. Demain Toulouse soutient les revendications des étudiants tout en condamnant toute forme de violence. Le groupe se dit prêt à agir pour garantir des manifestations pacifiques, afin que la voix des jeunes soit entendue et que les valeurs républicaines soient préservées. Parmi les griefs figurent la surcharge des salles de classe, le manque d’enseignants, l’insuffisance de moyens humains et les problèmes liés aux infrastructures scolaires. La motion demande également des réponses proportionnées des forces de l’ordre. Au niveau national, le projet de budget 2027 prévoit la suppression de 1 588 postes d’enseignants. Un autre groupe d’opposition au conseil municipal de Toulouse, Vivre Mieux, a également apporté son soutien au mouvement étudiant. Dans un communiqué publié lundi 5 octobre, il reproche à la majorité d’être déconnectée des préoccupations des Toulousains. Hélène Cabanes indique que son groupe soutient les lycéens qui réclament plus d’enseignants. Maxime Le Texier ajoute que la mairie stigmatise certains comportements et se concentre sur les symptômes plutôt que sur les causes profondes. Ces revendications ne relèvent cependant pas directement de la compétence de la mairie. L’Éducation nationale et les enseignants dépendent de l’État, tandis que la Région gère les lycées. La ville ne peut donc pas répondre directement à toutes les demandes des étudiants, mais elle peut apporter son soutien. La Région a d’ores et déjà pris position sur la mobilisation. Sa présidente, Carole Delga, a rencontré des étudiants à Nîmes mardi 6 octobre et relayé leurs préoccupations. Elle a pointé du doigt la surcharge des classes, la plateforme Parcoursup – système d’admission dans l’enseignement supérieur – ainsi que les conditions de restauration. Carole Delga s’est également entretenue avec le Premier ministre mercredi après-midi, et le sujet a été évoqué.