Le complément d’activité est une aide financière mensuelle versée aux travailleurs modestes en France qui remplissent certaines conditions de revenus. Il a remplacé, le 1er janvier 2016, la composante activité du revenu de solidarité active (RSA) et le prime d’activité. Cette aide est gérée par les Caisses d’allocations familiales (CAF) ou la Mutualité sociale agricole (MSA). À partir du 1er avril 2026, le montant du complément a été revalorisé de 0,8 %, dans le cadre d’une réforme de son mode de calcul. Celle-ci prévoit notamment une augmentation du taux forfaitaire de base et des bonus individuels, ce qui pourrait permettre à davantage de foyers d’en bénéficier. Pour y avoir droit, il faut être majeur et exercer une activité professionnelle en tant que salarié, fonctionnaire, travailleur indépendant ou agriculteur. Il faut également résider de manière stable et effective en France, être de nationalité française ou remplir des conditions spécifiques pour les ressortissants de l’Union européenne ou les étrangers hors UE. Les revenus du foyer ne doivent pas dépasser un certain plafond. En revanche, les travailleurs temporaires, les personnes en congé parental d’éducation, en congé sabbatique, en disponibilité non rémunérée ou en congé sans solde (sauf si elles perçoivent des revenus d’activité), ainsi que les étudiants ou apprentis gagnant moins de 1 117,26 euros par mois (au 1er avril 2026), ne sont pas éligibles, sauf s’ils assument seuls la charge d’un ou plusieurs enfants. Les travailleurs en situation de handicap percevant l’allocation aux adultes handicapés (AAH) peuvent également bénéficier du complément d’activité. Si leurs revenus sont inférieurs à 29 fois le SMIC horaire brut, l’AAH est intégralement déduite du montant du complément. Au-delà de ce seuil, l’AAH est prise en compte dans le calcul de l’aide. L’éligibilité s’appuie sur différents types de revenus, qu’ils soient professionnels ou de remplacement (comme les allocations chômage, les indemnités journalières de maladie ou de maternité), ainsi que sur des ressources comme le logement gratuit, la pension alimentaire ou les aides sociales (aides au logement, allocations familiales, etc.). Certaines prestations, en raison de leur finalité sociale spécifique, ne sont toutefois pas prises en compte. Pour les travailleurs indépendants, le calcul du complément repose sur les bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou non commerciaux (BNC) de l’année fiscale précédente, ou sur les revenus du dernier trimestre si nécessaire. En 2026, le montant du complément d’activité varie selon la composition du foyer et ses revenus. Une personne seule sans enfant peut recevoir jusqu’à 638,28 euros par mois, tandis qu’une personne seule avec un enfant peut toucher jusqu’à 957,42 euros. Ce plafond augmente avec le nombre d’enfants. Pour un couple, le maximum est de 957,42 euros sans enfant et de 1 148,90 euros avec un enfant. Ces montants peuvent aussi évoluer en fonction de la structure du foyer ou en cas d’isolement. Le complément est calculé selon une formule générale : complément d’activité = forfaitaire de base + 59,85 % des revenus professionnels + bonus – ressources prises en compte – éventuelle aide au logement. Les intéressés peuvent simuler leur éligibilité sur le site Mesdroitssociaux.gouv.fr (via FranceConnect) ou sur celui de la CAF. La réforme a aussi modifié le bonus individuel, qui dépend désormais du revenu mensuel moyen des trois derniers mois. Ce bonus augmente avec les revenus, jusqu’à un plafond de 240,63 euros. Le montant peut également être majoré en fonction de la composition du foyer ou en cas d’isolement. Chaque personne supplémentaire dans le foyer peut entraîner une majoration de 50 % pour la première, 30 % pour la suivante et 40 % pour les suivantes au-delà de la troisième, selon le nombre d’enfants ou de personnes de moins de 25 ans. Les parents isolés bénéficient d’un forfait majoré, pouvant être attribué pendant 12 mois sur une période de 18 mois après un événement comme une grossesse, une naissance ou une séparation. Le complément est versé le 5 du mois suivant celui pour lequel il est dû. Par exemple, celui de septembre est versé le 5 octobre. Le droit au complément prend effet à partir du mois de dépôt de la demande, et le montant reste inchangé pendant trois mois, même en cas de changement de situation. Chaque trimestre, les bénéficiaires doivent vérifier leur déclaration préremplie en ligne pour confirmer le montant net social de leur foyer. Le calcul s’appuie désormais sur les revenus des mois M-2 à M-4, et non plus M-1 à M-3. Tout changement de situation professionnelle ou familiale doit être signalé rapidement via la rubrique « Déclarer un changement ».