La ligne C du métro de Toulouse suscite la polémique : des élus réclament une revue de sécurité exclue de l'enquête, sur fond de retards et de dépassements de coûts.
Polémique autour de l'enquête sur la sécurité de la ligne de métro
La ligne C du métro de Toulouse est de nouveau au cœur de l'attention, après que la Métropole a décidé de ne pas l'inclure dans une enquête officielle sur la sécurité, demandée par 26 élus. Les élus souhaitaient examiner la sécurité des chantiers à la suite de plusieurs accidents mortels, dont trois décès d'ouvriers et plusieurs blessures graves.Les élus s'opposent à l'exclusion de la ligne de l'enquête
Les 26 élus ont vivement critiqué cette décision, en soulignant les retards et la hausse des coûts du projet. L'enquête, appelée Mission d'information et d'évaluation (MIE), devait être examinée par le conseil métropolitain le 15 octobre, mais elle ne répond pas aux attentes des élus concernant le périmètre des investigations.Les limites juridiques de l'enquête
La délibération précise que la MIE ne peut porter que sur les domaines relevant de la compétence de Toulouse Métropole, comme les projets d'infrastructures routières. La ligne C étant gérée par Tisséo, l'enquête ne l'inclut pas, malgré l'insistance des élus, qui estimaient qu'il s'agissait du sujet le plus critique à traiter.Les élus réclament des comptes
Maxime Le Texier, élu indépendant, s'est dit déçu et a appelé les conseillers de Tisséo à se saisir du dossier. Il a fait remarquer que le sujet n'avait même pas été abordé lors d'un récent conseil et a mis en doute la possibilité de faire avancer les choses. Julien Cadieu, du groupe d'opposition Demain Toulouse Métropole, a qualifié cette décision d'insulte envers les familles des victimes et les ouvriers du chantier.Des divergences sur les responsabilités
Vincent Terrail-Novès, maire de Balma et vice-président de Toulouse Métropole, a reconnu que les points de vue divergeaient, mais a insisté sur le fait que ce sont les autorités judiciaires, et non les élus, qui doivent traiter de tels dossiers. Il a plaidé pour la transparence et la responsabilité dans ces événements, tout en soulignant que rendre la justice relève du rôle des tribunaux.Des inquiétudes sur la sécurité toujours sans réponse
Maxime Le Texier a répliqué que la MIE n'a pas pour vocation de se substituer à la justice, mais d'examiner les mesures de sécurité sur les chantiers. Il a qualifié la délibération de « malavisée » et a averti qu'il ne la soutiendrait pas sans un engagement à inclure le métro dans l'enquête. Il a également indiqué avoir été désigné par la gauche pour siéger à la MIE et qu'il œuvrerait à l'amélioration de la sécurité des chantiers routiers.Retards et coûts suscitent de nouvelles critiques
Au-delà de la sécurité, les retards et la hausse des coûts de la ligne C alimentent les critiques. Julien Cadieu a qualifié le projet de « fiasco », estimant qu'il coûtera au moins 1 milliard d'euros de plus que prévu et qu'il accusera un retard d'au moins cinq ans. La date de mise en service a été repoussée à 2029, au lieu de 2024-2025 initialement prévues.Les responsables du projet défendent l'avancement des travaux
Vincent Terrail-Novès a accusé les opposants de chercher la polémique et a affirmé que les grands projets connaissent souvent des incidents. Il a indiqué que les équipes du projet s'efforcent de compenser les retards causés par un problème technique et que des plans d'indemnisation sont en place. Il a également souligné que 70 % de la ligne est achevée, les principaux travaux devant se terminer au début de 2025, même si la date de mise en service définitive reste à confirmer.