Le projet AIDE, dirigé par Rozenn Colleter, archéo-anthropologue à l’Inrap et chercheuse associée à l’UMR 5288 du CNRS, explore les régimes alimentaires des populations anciennes en analysant les acides aminés issus des isotopes stables de carbone et d’azote présents dans les squelettes archéologiques. Cette recherche vise à identifier les habitudes alimentaires et à mettre au jour d’éventuelles inégalités sociales dans le passé. Le projet est financé par le programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union européenne, dans le cadre de l’accord de subvention Marie Skłodowska-Curie numéro 897565.
Ces dernières années, les sciences sociales ont de plus en plus reconnu que les conditions économiques et sociales influencent fortement la santé tout au long de la vie. Le Centre de santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a souligné ce lien au début du XXIe siècle, attirant l’attention sur la manière dont les facteurs sociaux déterminent les résultats en matière de santé. Les inégalités sociales, façonnées par le mode de vie et la position dans la société, affectent de manière inégale l’état de santé. Par exemple, en France, les cadres vivent environ six ans de plus que les ouvriers, et cet écart atteint dix ans si l’on considère l’espérance de vie sans incapacité. Les personnes se situant au bas de l’échelle sociale ont au moins deux fois plus de risques de souffrir de maladies graves ou de mourir prématurément que celles occupant une position élevée.
Ces schémas d’inégalité ne sont pas propres aux sociétés modernes. Archéologues et anthropologues débattent depuis longtemps de questions similaires au sujet des populations anciennes. Comme l’alimentation et la santé sont étroitement liées à l’environnement économique et social d’un individu, l’étude des restes squelettiques anciens offre des éclairages précieux sur les inégalités du passé. En France, l’essor de l’archéologie préventive a conduit à la découverte de milliers de squelettes humains chaque année, offrant une occasion unique de comprendre les modes de vie anciens à travers des preuves tangibles.
En comparant les observations ostéométriques, les résultats pathologiques et les analyses isotopiques des os, les chercheurs peuvent évaluer la santé des sociétés anciennes et formuler des hypothèses sur les inégalités qu’elles ont connues. Les différences dans les pratiques funéraires reflètent également le statut social, comme l’inhumation de Louise de Quengo, aristocrate enterrée dans un cercueil de plomb en 1656 dans un couvent de Rennes, ou celle d’un enfant du haut Moyen Âge découvert en bordure d’une nécropole à Olonne-sur-Mer. Le projet AIDE cherche à déterminer si les marqueurs alimentaires issus des analyses isotopiques peuvent effectivement révéler des inégalités à travers différentes périodes historiques et contextes culturels. Pour en savoir plus, consultez le site https://archeoinega.hypotheses.org.
Une étude archéologique explore les inégalités par l'analyse alimentaire des populations anciennes
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Inrap



