Les 450 000 ralentisseurs de France font face à des contestations juridiques : 98 % sont jugés illégaux par un groupe ayant déposé une plainte pénale contre 152 maires du Var.
Dos d'âne illégaux en France
En France, environ 450 000 dos d'âne existent, et une grande majorité d'entre eux ont été installés en violation de la réglementation en vigueur. L'association Pour une mobilité sereine et durable (PUMSD) a déposé une plainte pénale contre 152 maires du département du Var, les accusant d'installations illégales.Réglementation et normes juridiques
Le décret de 1994 fixe des conditions strictes pour les dos d'âne, notamment qu'ils ne doivent pas être isolés et qu'ils doivent être installés dans des zones précises, comme les agglomérations et les routes limitées à 30 km/h. Le décret interdit également leur utilisation sur les routes où circulent plus de 3 000 véhicules par jour, ainsi que sur les routes à forte pente ou dans les virages.La position du gouvernement
Le gouvernement soutient que les guides techniques du Cerema, qui n'ont pas de valeur juridique contraignante, ne sont que des recommandations et ne peuvent pas se substituer au décret de 1994. PUMSD affirme toutefois que les maires s'appuient sur ces guides parce qu'un respect strict du décret limiterait leur capacité à installer des dos d'âne.Dépôt de la plainte pénale
Le 12 mars 2026, PUMSD a déposé une plainte, par l'intermédiaire de son avocat Rémy Josseaume, auprès du procureur de Toulon. La plainte vise 152 maires du département du Var, accusés de ne pas respecter la réglementation. Elle met en avant des préoccupations environnementales, de sécurité et juridiques liées aux dos d'âne.Impact environnemental des dos d'âne
PUMSD affirme que les dos d'âne contribuent à une hausse de la pollution atmosphérique, avec une surconsommation de carburant d'au moins 25 % et des émissions de gaz à effet de serre supérieures de 27 %. L'association fait également état d'une multiplication par cinq des émissions de particules fines et d'une pollution sonore importante dans les habitations voisines.Conséquences pour les services d'urgence
L'association estime que les dos d'âne peuvent retarder les véhicules de secours, entraînant des décès évitables et des pertes économiques. Ces retards représenteraient un coût annuel de 18,7 milliards d'euros, en tenant compte de la mortalité évitable, des handicaps, des hospitalisations et de la perte de productivité.Risques pour les cyclistes et les motocyclistes
PUMSD souligne les risques liés aux dos d'âne, en particulier pour les cyclistes et les motocyclistes. Elle affirme que les coussins berlinois, un type de dos d'âne, peuvent présenter des dangers importants et ne devraient plus être utilisés.Un avenir incertain pour les dos d'âne
L'avenir des dos d'âne contestés reste incertain. Le gouvernement indique que chaque cas doit être examiné individuellement et que les usagers de la route peuvent demander leur démolition, leur régularisation ou leur remplacement. Un nouveau cadre réglementaire devrait clarifier les règles, tandis que les collectivités locales sont invitées à évaluer leurs infrastructures existantes.Décisions de justice et divergences réglementaires
Les décisions de justice récentes n'ont pas mis fin au débat sur la légalité des dos d'âne. Ainsi, en juillet 2024, le tribunal administratif de Toulon a ordonné la suppression de deux dos d'âne à Vinon-sur-Verdon. D'autres tribunaux ont toutefois interprété différemment le décret de 1994, notamment en ce qui concerne les coussins et les plateaux. Le gouvernement reconnaît ces divergences et prépare un nouveau cadre réglementaire couvrant les cinq principaux types de dos d'âne.Poursuite des démarches juridiques et réglementaires
PUMSD prévoit de poursuivre ses démarches juridiques et réglementaires en adressant au ministère des Transports un courrier demandant l'application de la norme NFP98300. La résolution du problème dépendra à la fois de l'évolution de la réglementation et de l'issue des procédures judiciaires en cours.