TotalEnergies anticipe des bénéfices record au troisième trimestre 2026 en raison de la hausse des prix des carburants, relançant le débat sur la responsabilité des entreprises et la fiscalité.
Les bénéfices du troisième trimestre devraient augmenter
TotalEnergies se prépare à annoncer des bénéfices nettement plus élevés pour le troisième trimestre 2026, les analystes prévoyant un bénéfice net de 8,9 milliards de dollars, contre 5,4 milliards de dollars au deuxième trimestre. Cette hausse devrait être portée par la hausse des prix des carburants, liée aux conflits en cours en Ukraine et au Moyen-Orient.Les bénéfices du secteur GNL devraient doubler
Selon Ahmed Ben Salem, spécialiste du pétrole et du gaz chez ODDO BHF, les bénéfices du secteur du gaz naturel liquéfié (GNL) devraient doubler en raison de la hausse des prix du gaz et de l'intensification des activités de négoce. La branche Raffinage et Chimie devrait également dégager plus de 3,5 milliards de dollars de bénéfices, les marges de raffinage ayant bondi de 146 % par rapport au trimestre précédent.Les tensions d'approvisionnement tirent les marges de raffinage
La progression des marges de raffinage s'explique par l'écart entre le prix du pétrole brut et celui des produits raffinés, comme l'essence et le gazole. Cet écart résulte de tensions d'approvisionnement, environ 10 % de la capacité mondiale de raffinage étant touchés par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. Cette pénurie a permis aux compagnies pétrolières d'augmenter leurs prix, profitant non seulement à TotalEnergies, mais aussi à d'autres grands groupes comme Shell et BP.Des critiques sur les « superprofits »
TotalEnergies a été critiqué pour ses « superprofits » lors des trimestres précédents, des syndicats l'accusant de « profiter de la guerre ». En réponse, l'entreprise a mis en place un plafonnement des prix des carburants dans ses 3 300 stations-service françaises, fixant le prix de l'essence à 1,99 euro le litre et celui du gazole à 2,25 euros le litre. Le coût de cette mesure est estimé à environ 500 millions d'euros, que l'entreprise présente comme un investissement destiné à améliorer son image auprès du public.Impôts sur les sociétés et soutien aux salariés
L'entreprise a également annoncé son intention de verser environ 600 millions d'euros d'impôts sur les sociétés en 2026. En interne, TotalEnergies a affiché son soutien au pouvoir d'achat de ses salariés, en annonçant une avance sur prime de 1 000 euros bruts pour ses employés, ainsi que des mesures pour favoriser l'actionnariat salarié et étendre les remises sur le carburant à ses salariés.Des plaintes concernant la domination du marché
Le plafonnement des prix a permis à TotalEnergies d'accroître sa part de marché dans la distribution de carburants à plus de 30 %, ce qui a suscité des plaintes d'autres acteurs du secteur, qui ont saisi l'Autorité de la concurrence pour « abus de position dominante et concurrence déloyale ». Plusieurs ONG ont par ailleurs appelé à manifester près de l'Assemblée nationale pour réclamer la taxation des « superprofits » des entreprises des énergies fossiles afin de financer les services publics, la transition écologique et le soutien aux ménages.