Des crânes anciens découverts à Londres portent des traces de violence, peut-être liées à des gladiateurs ou à des chasseurs de têtes, révélant un aspect brutal de la vie romaine.
Des crânes révèlent des traces de violence
Des archéologues légistes ont étudié des crânes provenant du Londres antique, révélant des traces de décapitation et d'autres blessures violentes. Ces restes ont été découverts dans des fosses situées près de tanneries, ainsi que dans un puits le long du Walbrook, et datent de 120 à 160 après J.-C., à l'apogée de la cité romaine de Londinium.Des blessures qui laissent penser à une vie difficile
Les crânes, tous appartenant à des hommes âgés de 26 à 35 ans, présentaient des signes de traumatismes causés par des armes contondantes ou tranchantes. Des fractures des orbites et des pommettes, ainsi que des plaies au visage, étaient fréquentes, et huit des crânes portaient d'anciennes fractures cicatrisées. Plus de la moitié présentaient des blessures multiples récentes, notamment des mâchoires brisées ou tailladées.Un crâne porte la trace d'une décapitation
Un crâne a été trouvé isolé et portait des marques de coupures, ce qui suggère qu'il avait été décapité. Les chercheurs ont noté que le nombre de crânes et les signes de décapitation pourraient indiquer que certains étaient considérés comme des trophées, peut-être récoltés par des soldats romains.Une hypothèse sur les gladiateurs débattue
Les auteurs de l'étude ont avancé que ces hommes pourraient avoir été des gladiateurs morts dans l'amphithéâtre de Londinium. Toutefois, Kathleen Coleman, spécialiste des gladiateurs à Harvard, a remis cette hypothèse en question, suggérant que les restes pourraient provenir de victimes de banditisme ou de troubles civils. Mme Redfern a répondu qu'aucun événement de ce type n'était attesté pendant la période où les crânes ont été enfouis.D'autres pistes envisagées
L'étude a également envisagé que les crânes puissent appartenir à des criminels exécutés ou à des trophées de guerre collectés par des soldats romains. Mme Redfern a rappelé que l'armée romaine était connue pour la chasse aux têtes, et que le nombre de crânes ainsi que les signes de décapitation appuyaient cette idée.Des crânes portant des traces d'activité animale
L'un des crânes présentait des marques suggérant qu'il avait été rongé par un chien avant d'être jeté dans un puits. Mme Redfern a souligné que, si les preuves de violence sont manifestes, elles ne suffisent pas à confirmer une théorie unique, même si elles remettent en cause les idées répandues sur la vie à l'époque romaine.