Le Mur des Fermiers généraux, une fortification de 24 kilomètres entourant Paris, fut construite entre 1784 et 1790 pour percevoir l’octroi, un impôt sur les marchandises entrant dans la ville. L’idée d’ériger un tel mur fut proposée pour la première fois au roi Louis XVI en 1782 par les Fermiers généraux, un groupe chargé de collecter les taxes royales. Le mur, haut d’environ 3,24 mètres, était construit en pierre, avec des sections supprimées pour permettre le passage de la Seine, l’installation de barrières ou le tracé du parc Monceau. Un chemin de 11,60 mètres de large longeait son côté intérieur, tandis qu’un boulevard de 30 mètres de large se trouvait à l’extérieur. Son tracé correspond encore approximativement aux actuelles lignes 2 et 6 du métro parisien, reliant les stations Nation et Étoile en passant par Pigalle.
Les 43 pavillons d’octroi, conçus par l’architecte Claude-Nicolas Ledoux dans un style néoclassique inspiré de l’architecture grecque antique, furent surnommés par ce dernier « propylées », en référence aux portes monumentales des temples grecs. Cependant, dès 1787, ces constructions furent critiquées, notamment pour leur coût élevé. Le contrôleur général des finances, Loménie de Brienne, suspendit les travaux en 1787 en raison de la grave crise financière du royaume. L’écrivain Louis-Sébastien Mercier dénonça ces bureaux de perception, devenus des édifices imposants à colonnes plutôt que des structures pratiques.
Dans la nuit du 12 au 13 juillet 1789, soit deux jours avant la prise de la Bastille, des Parisiens s’attaquèrent au mur, incendiant plusieurs barrières, dont celle de Passy, et y pratiquant de nombreuses brèches. Les récits divergent sur le nombre exact de barrières détruites, mais aucun chiffre définitif ne peut être établi. Les pavillons, déjà controversés, et le mur, conçu pour remplir les caisses du roi, devinrent l’une des premières cibles de la Révolution française. Ledoux fut écarté du projet en 1789, probablement en raison du contexte politique agité.
L’impôt de l’octroi fut aboli le 1er mai 1791, avant d’être rétabli en 1798 par le Directoire pour financer les dépenses de la ville et soutenir les hospices. Bien que la taxe eût disparu, le mur subsista et continua de délimiter une frontière administrative. En 1790, la Révolution officialisa les limites de Paris le long du mur, une frontière qui perdura jusqu’au 1er janvier 1860, date à laquelle la ville s’étendit jusqu’à l’enceinte de Thiers. Le mur fut finalement démoli en janvier 1860, et Paris absorba les communes environnantes en une seule opération.
Aujourd’hui, seuls quatre des pavillons d’origine subsistent : la rotonde du parc Monceau, celle de la Villette, la barrière du Trône et la barrière d’Enfer. La rotonde du parc Monceau se trouve dans l’un des parcs les plus élégants de l’ouest parisien, tandis que celle de la Villette est située près du bassin de la Villette. La barrière d’Enfer, aujourd’hui connue sous le nom de place Denfert-Rochereau, sert d’entrée aux Catacombes, célèbre ossuaire souterrain.
Le Mur des Fermiers généraux autour de Paris et son importance historique
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