Une étude récente portant sur 14 419 livres numériques de fiction principalement vendus sur Amazon a révélé que 20 % des titres contenaient plus de 25 % de texte généré par IA. Ces livres générés par IA représentaient 12,1 % des ventes et 11,3 % des revenus durant leur période de lancement initiale. Cependant, leur présence croissante suscite des inquiétudes quant à leur impact potentiel sur les auteurs humains. Entre janvier 2023 et mars 2026, le nombre de titres de livres numériques dans l’échantillon de l’étude a été multiplié par près de 19, tandis que les ventes unitaires et les revenus ont augmenté respectivement de 7,3 % et 8,9 %. Cela suggère que le marché numérique se développe plus rapidement que les lecteurs ne peuvent consommer de contenu, ce qui pourrait réduire la visibilité et les revenus des livres écrits par des humains, en particulier dans les genres où des services comme Kindle Unlimited jouent un rôle majeur.
Amazon a indiqué avoir mis en place des mesures de protection pour prévenir, détecter et supprimer les contenus violant ses politiques, qu’ils aient été créés par IA ou non. Le service Kindle Direct Publishing de l’entreprise exige des utilisateurs qu’ils signalent les contenus générés par IA, bien que l’utilisation de l’IA pour l’édition, l’amélioration ou la génération d’idées soit considérée comme une « assistance » et ne nécessite pas d’être divulguée. L’étude a révélé qu’aucun des livres analysés ne revendiquait ouvertement l’utilisation de l’IA, et les chercheurs n’ont pas eu accès aux communications internes d’Amazon concernant ce sujet.
Barnes & Noble a adopté une approche prudente : son PDG a déclaré que l’entreprise exclut activement les livres générés par IA de son catalogue en ligne et ne les commande pas sciemment pour ses magasins. Cependant, la société n’a pas instauré d’interdiction totale, invoquant la difficulté à définir clairement ce qui constitue un contenu généré par IA.
L’étude met également en lumière les préoccupations liées au droit d’auteur, en référence au quatrième facteur du fair use américain, qui prend en compte l’effet d’un usage sur le marché actuel ou potentiel d’une œuvre protégée. Le Bureau du droit d’auteur souligne que les tribunaux pourraient évaluer l’impact du contenu généré par IA sur les ventes ainsi que les risques liés à l’utilisation généralisée d’un tel contenu.
En Chine, la maison d’édition Huaxia a commencé à inclure des avertissements dans certains livres indiquant que leur contenu ne peut pas être utilisé pour entraîner des intelligences artificielles, bien que leur application technique soit complexe. Pendant ce temps, au Japon, la Bibliothèque nationale de la Diète développe un outil OCR léger pour convertir des images de vieux livres en texte sans nécessiter d’ordinateurs puissants.
D’autres initiatives incluent une campagne menée par de jeunes auteurs britanniques contre l’utilisation non autorisée de leurs œuvres par l’IA générative, ainsi que le lancement de Bookpact.ai par des éditeurs néerlandais pour réguler l’utilisation des livres par les entreprises d’IA. En Australie, 17 organisations ont exhorté le gouvernement à ne pas rouvrir les droits d’auteur au profit des entreprises d’IA, insistant sur la nécessité de licences négociées.
L’utilisation de l’IA dans l’industrie du livre est en croissance, avec des applications allant de la production de livres audio aux plateformes d’auto-édition et aux améliorations des liseuses. Cependant, les questions liées au droit d’auteur, à la transparence et à la qualité du contenu généré par IA restent des enjeux majeurs.
Les livres générés par IA influencent la dynamique du marché et les revenus des auteurs
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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