Au Togo, une enquête de la Fondation Bluemind révèle que 30 % des clientes se tournent d’abord vers leur coiffeuse ou coiffeur lorsqu’elles traversent des difficultés personnelles, contre moins de 1 % qui consultent des professionnels de santé. L’étude, publiée à l’approche de la Journée mondiale de la santé mentale, met en lumière le rôle croissant des salons de coiffure dans un pays où l’on compte moins de dix psychiatres pour une population de plus de huit millions d’habitants. Dans des villes comme Lomé et Kara, les heures passées à se faire tresser — souvent plusieurs heures — créent une occasion de discussion qui peut aborder des sujets personnels comme un deuil, des problèmes relationnels ou une détresse émotionnelle rarement évoqués à la maison.
L’étude Confiance, menée d’avril à juin 2026, a interrogé 576 femmes dans quatre villes togolaises, dont 205 clientes et 371 coiffeuses et coiffeurs. Parmi les clientes, 30 % ont indiqué s’être confiées en premier à leur coiffeuse ou coiffeur en période difficile, tandis que moins de 1 % ont mentionné un professionnel de santé. Parmi celles interrogées en profondeur, 89 % ont déclaré partager des choses avec leur coiffeuse ou coiffeur qu’elles ne confieraient à personne d’autre. L’étude ne prétend pas représenter l’ensemble des femmes togolaises, mais se concentre sur les difficultés personnelles et les confidences en général, et non uniquement sur les questions de santé.
Les coiffeuses et coiffeurs, qui connaissent souvent leurs clientes depuis des années, peuvent repérer des changements d’humeur et offrir un espace sûr pour en parler. Cela revêt une importance particulière dans une culture où la recherche d’aide pour des problèmes de santé mentale peut être stigmatisée, et où beaucoup craignent d’être jugées. La Fondation Bluemind souligne l’écoute et la discrétion des coiffeuses et coiffeurs, notant que toutes celles et ceux interrogés ont affirmé avoir remarqué un changement chez une cliente avant qu’elle n’en parle.
La disponibilité limitée des soins psychiatriques au Togo renforce encore le rôle des coiffeuses et coiffeurs dans le soutien à la santé mentale. Selon un rapport de juin 2026 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Togo compte moins de dix psychiatres agréés. Le seul hôpital psychiatrique du pays, situé à Zébé-Aného, dispose de 120 lits mais accueille généralement entre 165 et 170 patients. Le coût des consultations, la distance à parcourir et la stigmatisation dissuadent de nombreuses personnes de chercher de l’aide, certaines familles attribuant les troubles mentaux à des causes spirituelles plutôt qu’à des problèmes médicaux.
Pour répondre à ces défis, la Fondation Bluemind a lancé le programme Guérir par les cheveux, qui forme les coiffeuses et coiffeurs à l’écoute et aux premiers secours psychologiques. Lancé en 2022 à Abidjan, ce programme s’étend désormais au Togo, au Cameroun et en Côte d’Ivoire. Au Togo, 400 coiffeuses et coiffeurs ont été formés à l’Université de Lomé en 2025, et une nouvelle session a débuté en juin 2026 en partenariat avec l’Université de Kara. Bien que les coiffeuses et coiffeurs ne soient pas formés pour poser des diagnostics ou prodiguer des traitements, ils apprennent à identifier les situations préoccupantes et à orienter leurs clientes vers des professionnels si nécessaire. Selon l’étude, 69 % des clientes accepteraient d’être orientées par leur coiffeuse ou coiffeur, tandis que 30 % y réfléchiraient. Cependant, l’efficacité de ces orientations dépend de la disponibilité des services de santé mentale. La Fondation Bluemind reconnaît que la confiance seule ne suffit pas et insiste sur la nécessité d’investir dans les soins de santé mentale pour éviter de faire reposer tout le poids sur les épaules des coiffeuses et coiffeurs.
Les coiffeurs jouent un rôle clé dans le soutien à la santé mentale au Togo
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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